Radiotunisiamed

    lundi 23 mai 2016

    Retour sur le 10eme Congrès d'Ennahdha


    Le président et leader historique du mouvement islamiste tunisien Ennahdha, Rached Ghannouchi, a sans surprise été réélu lundi à l'aube à la tête de cette formation qui vient d'acter sa mue en "parti civil".

    Ennahdha, l'une des principales forces politiques de Tunisie, a tenu son dixième congrès au cours du week-end pour élire une nouvelle direction, faire le bilan de son action et établir sa stratégie pour les années à venir.

    M. Ghannouchi, 74 ans, a obtenu 800 voix, tandis que 229 votes sont allés au président sortant du Conseil de la Choura, la plus haute autorité du parti, Fethi Ayadi, et 29 à Mohamed Akrout, un responsable du parti, selon les résultats affichés sous les acclamations sur un grand écran dans la salle où étaient réunis les congressistes.
    Huit candidats avaient d'abord été proposés par les congressistes, avant que certains n'indiquent vouloir se retirer de la course, selon une responsable du parti.
    Le Congrès de la mue?
    Intervenant sur les ondes d'Express Fm, le porte-parole d'Ennahdha, Oussama Sghaier, a affirmé que le mouvement Ennahdha "est totalement différent de celui avant la révolution" indiquant "qu'avant la révolution, il s'agissait d'un mouvement militant, contre la dictature. Son travail était basé sur les droits de l'Homme, les prisonniers (politiques) (...). Après, la révolution, il a participé au gouvernement, est présent dans les administrations, à l'Assemblée (...), il fallait donc qu'il change, qu'il évolue".
    Cette évolution s'est traduite dans le consensus sur le chemin à prendre par le parti selon lui: "Lors du Congrès de 2012, ici à Tunis, peut-être que les votes n'auraient pas été aussi unanimes, il y aurait surement eu des dissensions, peut-être que les choses n'auraient pas été aussi stables"
    Le pourcentage de votes sur les différentes questions lors du Congrès appuient ces fait affirme Oussama Sghaier: "Moi je pense que nous avons fait un grand pas et il y' a eu consensus sur beaucoup de choses et cela s'est vu dans les pourcentages de votes".

    Quelle organisation?
    Selon le porte-parole du parti, celui-ci s'organise comme l'État: Un président, qui choisit son gouvernement à savoir le bureau exécutif, qu'il présente au parlement à savoir "Majless Choura" qui l'accepte ou pas et "qui a un pouvoir de contrôle".
    Ainsi, le Congrès a élu dimanche, les 2/3 du "Majless Choura" dans lequel se trouve des visages connus du parti à l'instar de Nouredinne Bhiri, Ali Laârayedh, Sadok Chourou ou encore Habib Ellouz. Le 1/3 restant, sera choisi par le président du parti.
    Une ouverture?
    Un des principaux changements était la place faite aux jeunes dans le cadre de ce Congrès a affirmé le porte-parole du parti, indiquant que celui-ci est composé de 30% de jeunes de moins de 35 ans.
    Il a par ailleurs affirmé que "plus de la moitié" du bureau du Congrès, chargé de guider sa conduite, était composé de jeunes.
    Cette évolution se traduit selon lui par une "ouverture aux jeunes, à la femme et à toutes les franges de la société".
    "Avant la révolution, il n'était pas facile de devenir membre du parti. Il y avait un processus qui prenait 2 ou 3 ans (...) Aujourd'hui, tout Tunisien ou toutes Tunisienne qui se voit adhérer au mouvement Ennahdha(...) sont les bienvenus" a affirmé Oussama Sghaier
    Si pour le porte-parole d'Ennahdha, l'ouverture du parti est un acquis, cela ne semble pas être le cas de tous les membres.
    Dans une intervention accordée à la radio Mosaïque FM, Habib Ellouz, membre du parti a annoncé que l'ouverture du parti ne voulait pas dire accepter tout le monde non plus excluant "ceux qui badinent avec la religion", "les buveurs d'alcool" et "les consommateurs de stupéfiants".

    Une séparation entre le politique et le religieux?
    C'est sous l'impulsion de M. Ghannouchi que le mouvement a officialisé ce week-end, au cours de son dixième congrès, la séparation entre ses activités politiques et religieuses, une mue en gestation depuis quelques années déjà.

    Ennahdha est un "mouvement tunisien qui évolue avec (...) la Tunisie et participe à son évolution", a dit à la presse dans la journée M. Ghannouchi.

    "Nous nous dirigeons de manière sérieuse (...) vers un parti politique, national, civil à référent islamique, qui oeuvre dans le cadre de la Constitution du pays et s'inspire des valeurs de l'islam et de la modernité", a-t-il ajouté.
    En gestation de longue date, cette distinction entre politique et prédication a été votée à plus de 80% des congressistes.
    Pour Hamza Meddeb, chercheur associé à l'Institut universitaire européen de Florence, "il n'y aura plus le mouvement Ennahdha de jadis construit sur un modèle frériste (des Frères musulmans, ndlr) avec des branches actives dans l'action sociale, éducative, caritative, religieuse et politique" a t-il indiqué à l'AFP.
    Il existe "chez (Rached) Ghannouchi la quasi-obsession de montrer aux partenaires occidentaux qu'Ennahdha, ça n'est pas les Frères", confirme une source diplomatique européenne à l'AFP.
    Prédicateur enflammé dans les années 1970, de retour d'exil à la chute du régime de Zine el Abidine Ben Ali en janvier 2011, M. Ghannouchi incarne ainsi cette nouvelle stratégie, qu'il est parvenu à imposer non sans mal à la base du parti.

    Pour la justifier, les dirigeants d'Ennahda l'ont présentée tout au long des derniers jours comme un signe d'adaptation et de modernité au regard du passage de la Tunisie à la démocratie.

    La Tunisie, cet homme malade



    'inquiétude est palpable en Tunisie chez tout le monde: les politiques, les milieux d'affaires, la société civile, les professionnels et chez l'homme de la rue.
    Jamais la confiance dans la classe politique et les partis n'a été aussi faible.
    Tout le monde s'accorde à dire que le pays manque de leadership politique, certains l'expliquent par le régime politique de la 2eme république et appellent à une révision de la Constitution et chacun selon ses préférences.
    Pourquoi n'avançons nous pas? Pourquoi l'impression générale est à l'immobilisme et que rien n'avance? Pourquoi n'arrive t-on pas à réformer le pays et à l'engager dans la voie du progrès et de la justice sociale? Pourquoi l'opinion publique tunisienne est déçue par la révolution et même par la démocratie? Pourquoi n'arrive t-on pas à insuffler l'espoir et la brise du changement? Pourquoi il n'y a pas de vrai débat politique sur les questions de fond?
    Autant de questions qui expliquent ce mal-être général dans le pays tant au niveau de l'opinion publique que des classes politiques ou les élites en général.
    Après cinq ans d'une "révolution" de plus en plus remise en cause, il est temps de nous regarder en face tels que nous sommes et pas tels que nous souhaitons qu'on soit et de poser franchement les raisons des blocages sur la table et d'en discuter sans agressivité, sans arrière pensées politiciennes pour le bien de notre pays et pour le succès de notre transition démocratique.
    La Tunisie est un homme malade... pour emprunter l'expression de Nicolas 1er à propos d'un empire ou plus rien n'allait plus.
    La Tunisie, cet État malade que nous n'arrivons pas à instaurer, et dont la construction d'ailleurs n'a jamais pu être achevée. (Et c'est autre débat tout aussi important).
    L'homme malade n'a ni la force d'insuffler le changement et de donner la direction, ni d'imposer la force de la loi à tous. Et il est au même moment sujet aux convoitises de ses sujets pour se disputer ses attributs et son pouvoir.
    Dans cette guerre pour le pouvoir ou ses attributs, l'intérêt du pays est en général le dernier souci des protagonistes soucieux d'avoir la plus grosse part du gâteau pour servir leurs intérêts propres.
    Dans ce climat, les questions de fond ne sont jamais soulevées. Il n'y a que des polémiques stériles destinées à affaiblir un adversaire, et jamais un débat d'union autour de ce qui est communément appelé "l'intérêt général".
    Le débat est nécessaire. Un débat franc sans langue de bois, sans faux fuyants.
    Un débat constructif afin d'explorer les raisons qui font que cet homme soit si malade et afin surtout d'explorer les pistes de sortie de crise.
    J'ai recensé cinq forces principales qui tiennent l'homme malade en otage:
    1. L'administration tunisienne, ce "big brother"
    On dit beaucoup de bien en général de notre administration, sa compétence, sa loyauté, mais on parle rarement de ses travers, populisme oblige.
    Oui nous avons la chance d'avoir la tradition d'une bonne administration loyale et compétente mais en contrepartie cette administration tient le pays d'une main de fer, elle régente tout, a un œil sur tout, règlemente tout et ne veut pas lâcher une once de son pouvoir.
    Habituée à diriger le pays à travers les seuls ministres issus de ses rangs (à quelques rares exceptions près), elle a du mal à accepter le leadership "politique" de ministres venus d'autres horizons -qui pour certains ne sont pas à la hauteur de la tâche assumons-le- .
    L'administration a perdu beaucoup de son rayonnement et de sa compétence mais pas de sa loyauté envers l'État et le pays.
    Les différents corps de métiers se mettent en mode "défense d'intérêts" et refusent tout changement et toute remise en cause.
    L'erreur est de désavouer le "politique", de le diaboliser même au détriment de ce qu'on va appeler les indépendants ou technocrates.
    L'approche est totalement fausse car dans toute démocratie, le projet est politique avant tout et doit être mené par des politiques, c'est leur responsabilité qui est engagée devant le peuple qui est le seul à les sanctionner par rapport à ses attentes.
    En bref, un gouvernement gouverne et une administration exécute.
    2. L'ARP, ce détenteur d'un pouvoir qui se veut absolu
    Nous avons voté une Constitution consensuelle qui définit les prérogatives de chaque pouvoir et qui a distribué entre le pouvoir exécutif (à deux têtes) et l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) l'initiative législative en donnant la priorité au premier.
    On constate aujourd'hui des blocages divers et même un blocage institutionnel qui fait que le gouvernement présente des lois (qui émanent dans la plupart des cas de l'administration, pas des partis politiques) a l'assemblée qui en fait ce qu'elle veut et va même jusqu'à le réécrire complètement.
    Exemple de blocage criant: Le projet de loi du Conseil supérieur de la magistrature, qui a duré des mois.
    Aucun projet de réforme économique ou social majeur n'a encore eu lieu, une année après.
    On a vu aussi récemment des réformes (et encore) passer sous la pression étrangère, ce qui est un très mauvais signal à donner.
    Ce blocage est institutionnel et trouve ses origines dans la volonté de l'ARP de gouverner et de régenter la vie politique du pays et de dénier au gouvernement le droit d'engager sa responsabilité dans les projets de loi socio-économiques.
    Notre Constitution est un mélange non réussi de partage des pouvoirs par la pratique.
    Les blocs parlementaires des partis de la coalition gouvernementale comprennent que chaque projet de loi doit être "re-travaillé et ré-écrit" par l'assemblée.
    La commission du consensus est un échec institutionnel en soi. Ceci engendre des bagarres, des délais et surtout un blocage institutionnel grave dont personne ne veut parler.
    Le gouvernement ne défend ses projets de lois que timidement en l'absence d'une disposition constitutionnelle d'engagement de la responsabilité gouvernementale.
    Le manque de leadership politique n'a pas permis de trouver les compromis nécessaires à un pays qui a besoin de se réformer en profondeur et vite.
    3. Le rôle des partenaires sociaux.
    Les partenaires sociaux ont un rôle politique à jouer. Bien entendu.
    La défense des intérêts des travailleurs, des agriculteurs et des chômeurs est politique et le rôle des syndicats est primordial afin de rétablir un équilibre entre les différents acteurs économiques et sociaux.
    Toutes les revendications sociales ont une incidence politique et donc séparer le politique du syndical est une hérésie.
    Sauf qu'en l'absence d'un État fort, on constate une dérive pour revendiquer la co-gestion et même la gestion.
    Plusieurs secteurs, plusieurs entreprises publiques et plusieurs régions sont des lieux de combats publics pour le pouvoir où les syndicats dépassent largement les prérogatives qui sont les leurs.
    La non institutionnalisation du dialogue social en est une cause principale mais pas la seule.
    La situation sociale est intenable par le niveau de précarité au delà de l'acceptable et qui touche plus des trois-quarts de la population et aussi par le niveau alarmant des inégalités dans le pays.
    4. Des lobbies qui veulent toujours gouverner
    Il ne faut pas tomber dans les simplifications et l'esprit complotiste mais il est clair que l'esprit corporatiste n'arrive pas à se hisser au niveau des aspirations d'un peuple qui veut le partage du "pouvoir symbolique".
    La Tunisie comprend comme tous les pays - quoique d'une manière parfois très caricaturale - toutes les catégories des "gouvernants de l'ombre".
    Cela va des faiseurs de rois, qui se croient toujours indispensables pour faire fonctionner la machine, qui se donnent de l'importance par la connivence de l'opportunisme ambiant aux détenteurs du pouvoir économique et financier, qui sont là aux aguets pour protéger leurs intérêts.
    Cela concerne aussi les détenteurs du "pouvoir symbolique", des familles qui croient que leur sang bleu leur donne le statut de propriétaires d'un pays à protéger de la convoitise des locataires un peu trop nombreux à leurs yeux, aux différents corporatismes plus soucieux de protéger leurs privilèges que de se remettre en cause.
    Enfin n'oublions pas, les "derniers puissants" devenus puissants par la seule grâce d'un État faible.
    5. Un État défaillant et un leadership politique absent
    Cet homme ne serait pas malade s'il n'était pas aussi faible.
    On pourrait même dire que le pouvoir est à terre. Et les marques de la faiblesse de l'État ne font que grandir et irriter la grande majorité des citoyens soucieux de retrouver un tant soi peu cette tranquillité d'un État fort et qui fait appliquer la loi.
    Or il n'est toujours pas aussi simple d'expliquer aux gens qu'un État fort est aussi un État juste.
    Plusieurs raisons font que l'État est défaillant, et plusieurs raisons expliquent l'absence de leadership.
    La principale étant la manière choisie de concevoir et d'appliquer la Constitution pour choisir un gouvernement de coalition qui in fine n'en est pas un.
    La faiblesse des partis politiques et leur effritement sont la principale cause de ce manque de leadership politique, et on peut dire sans trop de risques que nous sommes revenus à une situation de déséquilibre politique similaire à 2011.
    Depuis 2011, la Tunisie a été gérée grâce à un consensus politique plus ou moins large qui a évité aux pays certains écueils , ce qui est une partie positive dans le processus de transition démocratique et qui a mené à l'élaboration d'une Constitution globalement acceptée par tous.
    Seulement, le pays ne peut plus être gouverné par le consensus car par définition il est mou puisque le dénominateur commun ne peut être que minimaliste.
    Le pays ne pourra être gouverné que par le compromis entre les différentes forces agissantes et celles qui se disputent le pouvoir avec comme objectif majeur: Instaurer l'État.
    Le compromis consiste à ce que chaque partie prenante fasse des concessions et obtienne quelque chose en retour.
    Le garant de ce compromis à mon sens ne peut être que l'institution de la présidence de la République dans son rôle extra constitutionnel autour d'une table qui comprend les trois présidences, les présidents des partis de la coalition et les premiers responsables des organisations nationales majeures.
    Les pistes de la sortie de crise existent et sont simples à mettre en œuvre dans un pays comme le notre, moyennant une classe politique renouvelée qui porte un projet national d'instauration d'un État démocratique, moderne et égalitaire et sa gouvernance nécessaire pour donner un nouvel espoir au pays et à ses jeunes.
    Le reste, tout le reste suivra.
    http://www.huffpostmaghreb.com/faouzi-ben-abderrahman/la-tunisie-cet-homme-malade_b_10106830.html?ncid=fcbklnkfrhpmg00000005

    La Ghriba de Djerba



    La Ghriba de Djerba

    La Ghriba est l’âme et le ciment de la plus ancienne communauté juive du Maghreb, la seule qui, résistant aussi bien à l’assimilation qu’à l’émigration vers Israël ou vers la France, réussit à vivre, aujourd’hui encore, suivant des coutumes et des rites anciens de plusieurs millénaires. Dans le temple au murs carrelés de céramiques à dominante bleue et blanche, des rabbins vêtus du costume djerbien traditionnel - le pantalon bouffant ou sarouel gris, bordé d’un bandeau noir, signe de deuil en marque d’exil, la chechia posée à l’arrière du crâne pour signaler leur différence - psalmodient toute la journée en hébreu et en araméen pour maintenir les vibrations spirituelles du lieu de culte. La deuxième pièce, celle où se trouve la Sefer Thora (les tables de la loi) et où l’on célèbre le shabbat, est si sacrée que l’on doit se déchausser pour y entrer. Même les quelques touristes de passage, semblent y éprouver une forme subtile d’exaltation mystique.
    La veille de la procession, les pèlerins affluent. Ils viennent de Tunis, de Paris et du monde entier. Dès le matin, ils allument des bougies pour tous les êtres chers qui n’ont pas pu les accompagner. Les rabbins récitent des prières et bénissent des fruits secs, symboles d’abondance et de fertilité, et de la Boukha, eau de vie de figue, qui sont ensuite distribués à la ronde. Cette coutume qui accompagne la visite des lieux saints en Afrique du Nord est d’ailleurs partagée par les musulmans.
    Parmi tous les lieux de culte d’Afrique du Nord, la Ghriba est considéré comme le plus sacré. “C’est l’antichambre de Jérusalem”, entend-on souvent dire à Djerba. Selon la tradition orale des rabbins de Tunisie, l’histoire de ce lieu saint remonterait à la destruction du premier temple de Jérusalem par le roi Nabuchodonosor, en 565 avant l’ère chrétienne. Les serviteurs du temple, les Cohanims (pluriel de Cohen), ayant échappé au massacre, réussirent à emporter l’une des portes (ou était-ce une dalle ?) du temple. Ils s’enfuirent en bateau, en suivant la route (où étaient-ils simplement poussés par les vents ?) des Phéniciens bâtisseurs de Carthage, et celle d’Ulysse qui, retenu à Djerba par des fleurs enivrantes, lui avait donné le nom d’Ile des Lotophages.
    Les Cohanims choisirent donc cette île aux mille fééries qui, croulant sous les arbres fruitiers, néfliers, pêchers, figuiers, évoquait pour eux le jardin d’Eden. Ils y battirent la première synagogue d’Afrique sous laquelle ils célèbrent la précieuse relique du temple. La synagogue actuelle, érigée au siècle dernier, le fut sur le même emplacement. Rejoints au fil des siècles par les descendants des autres tribus d’Israël, les juifs de Djerba convertirent au judaisme les tribus berbères locales - dont la plupart seront ultérieurement islamisées par les Arabes. Le mot Ghriba signifie l’étrangère, l’étonnante, la solitaire. Une autre légende dit que la synagogue devrait son nom à une très belle femme venue de nulle part, qui aurait installé sa hutte à peu de distance du village juif de Hara Sghira. Cette femme aurait été entourée d’une aura de sainteté et elle aurait eu des dons miraculeux de guérison. Elle ne fut cependant jamais totalement acceptée par la communauté. Un jour, les villageois crurent voir un feu du côté de sa hutte, mais ils n’intervinrent pas, de peur qu’elle ne se livre à des activités de sorcellerie. Le lendemain, ils trouvèrent l’étrangère morte dans sa hutte détruite par les flammes, mais son corps était intact. Les villageois, regrettant leur attitude auraient alors bâti la synagogue sur l’emplacement de la hutte et le pouvoir miraculeux de l’étonnante étrangère, agirait toujours. Mais officiellement, le pèlerinage célèbre l’anniversaire de la mort de deux éminents rabbins kabbalistes : Rabbi Meyer Baal Nich, homme de miracles, et Rabbi Shiméon Bar Yohai, à qui les juifs d’Afrique du Nord attribuent l’un des commentaires du Zohar - le livre des Splendeurs -, l’un des grands ouvrages de la mystique juive.
    La Ghriba est située près du “petit quartier juif”, Hara Sghira, où vivent près de cinquante familles, les descendants des Cohanims qui presque tous travaillent à la Ghriba. Les descendants des autres tribus d’Israël - ils sont encore plus de huit cents - vivent à Hara Kebira, le “grand quartier juif”, situé dans la banlieue d’Houmt Souk.
    Il y a quelques années, ces derniers exerçaient encore de nombreuses professions, à Djerba : il y avait des moulins à grain mus par des chameaux, un tisserand pour les taleths, une imprimerie très active. Aujourd’hui, à part un teinturier, quelques tailleurs et quelques menuisiers, les juifs de Hara Kebira sont tous orfèvres. Les deux communautés vivent séparées. Les juifs de Hara Kebira, qui sont plus riches et se considèrent comme plus au fait de la religion que leurs cousins de Hara Sghira, ne viennent à la Ghriba que pour le pèlerinage et les mariages. Le reste de l’année, ils consacrent beaucoup de temps à l’étude des textes sacrés dans les nombreuses petites synagogues de leur quartier qui compte encore trois yeshivot (écoles religieuses).
    Rites et coutumes
    Les femmes stériles, ou celles qui veulent se marier, déposent, en faisant un vœu, un œuf cru dans le soubassement creux, derrière le tabernacle qui contient les Tables de la loi - pour certains, ce serait l’emplacement de l’ancienne porte du Temple de Jérusalem, pour d’autres celui de la hutte de l’étrangère. Les œufs restent là toute la nuit, cuisant à la chaleur des bougies, et les femmes les mangent le lendemain matin en invoquant la sainte Ghriba. Celles dont les vœux ont étés exaucés, reviennent ensuite chaque année avec leur progéniture. 
    La Procession
    Le matin de la procession, pèlerins et Djerbiens sont tous réunis dans l'oukala, le caravensérail en face de la synagogue, où se sont installés le temps des festivités un restaurant cacher, un marchand de briks à l’œuf, un épicier... et où sont logés les pèlerins les plus pauvres. Les jeunes Djerbiennes habillées à l’européenne, sont très élégantes avec leurs petits chapeaux assortis à leurs tailleurs, mais leurs mères portent encore le costume traditionnel : la fouta, le voile blanc, et la coiffe rouge qui ressemble à une pégase grecque. Toutes portent le chapeau, car pour les juifs pratiquants, la chevelure d’une femme mariée, c’est sa nudité.
    Les hommes ont passé la nuit à lire le Zohar, le grand livre de la mystique juive. Au petit matin, ceux de la communauté ont sorti la Ménara, une pyramide hexagonale en argent dans laquelle sont inscrits les noms des douze tribus d’Israël et ceux des rabbins renommés de Tunisie. Les Tables de la Loi en argent et le nom de Dieu “Sheddai”, gravé dans l’étoile de David, couronnent l’édifice. Les femmes aspergent la Menara d’eau de cologne, les hommes d’eau de vie. Le privilège de porter la Ménara, ne serait-ce que sur quelques mètres, fait l’objet d’enchères passionnées. Les enchères terminées, la procession quitte le fondouk dans la liesse. “La Menara est semblable à la jeune fille sur le point d’être conduite à son époux. On l’appelle “la mariée”. On la conduit jusqu’à l’une des petites synagogues ou Yeshiva de la Hara Sghira, et l’on célèbre le mariage mystique de la communauté avec son Seigneur”. La musique de l’orchestre et les youyous sensuels des femmes escortent cette marche nuptiale.
    On entend des “Ziera Makboula !” - “Que cette visite te soit prospère, que tes vœux soient exaucés” -, tandis que le vieux musicien B’chini chante en judéo-arabe, la chanson de la Ghriba, en s’accompagnant au luth : “Je viens te demander quelque chose, je ne veux pas revenir sans rien recevoir de toi”. Et les jeunes filles, jadis proscrites de la procession et recluses sur les balcons, entourent la Menara de leurs bras amoureux.
    http://www.harissa.com/news/article/la-ghriba-de-djerba

    dimanche 22 mai 2016

    60.000 tonnes d’huile d’olive pour le marché chinois !


    En 2016, la Tunisie escompte vendre 60.000 tonnes d’huile d’olive sur le marché chinois.
    En progression constante sur ce marché relativement lointain, la Tunisie a placé 40.000 tonnes d’huile sur le marché chinois en 2015 et espère améliorer cette performance.
    Notons que la Tunisie a pu vendre à la Chine en 2015 cent tonnes d’huile d’olive extra-vierge, très prisée dans ce pays.
    http://www.webdo.tn/2016/05/21/soixante-mille-tonnes-dhuile-dolive-marche-chinois/

    5 bonnes raisons de faire des exercices qui font travailler ses jambes

    FORME - Ce n’est pas pour rien que les inconditionnels du fitness qualifie le squat de "top du top" en matière d’exercice: effectué comme il se doit, il est très bon pour le corps. A l’instar d’autres exercices avec haltères, comme les fentes, le squat fortifie le fessier, les quadriceps, les ischio-jambiers et le tronc. Il fait aussi des merveilles pour l’équilibre et la coordination.
    Besoin d’encouragements pour intensifier vos exercices de musculation? Voici cinq bonnes raisons d’intégrer des exercices pour les jambes à votre séance d’entraînement habituelle:
    1. Vos genoux vous diront merci

    Contrairement aux idées reçues, le squat n’est pas mauvais pour les genoux. En réalité, s’il est exécuté correctement, il renforce les muscles qui, à l’avant et à l’arrière des cuisses, soutiennent le genou.
    “Travailler les muscles autour des articulations et, plus précisément, les ligaments, évite les élongations et les déchirures”, explique au Huffington Post Joe Ardito, instigateur du programme d’entraînement personnel FitCrush à New York.
    2. Vous gagnerez en vitesse


    Envie de courir plus vite? Ajoutez des exercices pour les jambes à votre programme d’entraînement.
    “Grâce au squat, qui renforce la puissance, vous pourrez prendre un bon départ, vous attaquer à des collines ainsi qu’à des terrains accidentés et allonger vos foulées”, explique-t-il, tout en soulignant que le squat permet de courir plus vite et de finir en beauté.
    “Le squat assure une bonne prise de conscience du corps, avec un tronc solide et un alignement correct, ce qui est le gage d’un running sûr et efficace”, précise-t-il.
    3. Vous boosterez votre métabolisme

    Étant donné que les muscles brûlent plus de calories que la graisse, développer votre musculature peut contribuer à améliorer votre condition physique.
    Il existe deux bonnes façons de se muscler: le squat et les fentes. “Si vous cherchez à perdre de la graisse, optez pour la musculation”, déclare l’entraîneur Nick Tumminello, auteur de Strength Training for Fat Loss, à Business Insider.
    “Surveillez votre alimentation pour garder la ligne et faites de la musculation pour la parfaire.”
    4. Vous renforcerez votre tronc

    Pour un tronc vigoureux, préférez les exercices pour les jambes tels que le squat et les fentes, qui sollicitent tous les muscles du tronc en même temps sans exercer de pression sur le dos, plutôt que le crunch et les redressements assis qui ne font travailler que les abdominaux et sont susceptibles de provoquer une inflammation du dos (la planche est aussi un très bon exercice pour renforcer le tronc).
    Pourquoi le tronc est-il important? Parce qu’un corps puissant s’appuie nécessairement sur un tronc solide. Celui-ci aide aussi à prévenir les blessures, améliore la posture et apporte la force nécessaire aux activités quotidiennes.
    5. Vous gèrerez mieux votre diabète et vous récupèrerez plus vite après un AVC

    L’American Heart Association conseille d’intégrer, deux fois par semaine, des exercices de musculation comme le squat et les fentes à leur séance d’entraînement.
    La musculation n’est pas forcément contre-indiquée à ceux qui ont été victimes d’une attaque ou d’un accident vasculaire. En améliorant votre condition cardiovasculaire, votre capacité à vous déplacer et votre vigueur, l’activité physique peut au contraire vous éviter des risques de problèmes cardiaques supplémentaires.
    Par ailleurs, plusieurs petites études suggèrent que la musculation peut aider ceux qui souffrent de diabète de type 2 à gérer leur résistance à l’insuline en combattant le dysfonctionnement métabolique dont ils sont victimes.

    samedi 21 mai 2016

    Le Blog de Slama Lotfi

    Le Port Financier de Tunis commence à prendre forme

    Mehdi Zaoui, gouverneur de l’Ariana, a annoncé le démarrage des travaux de la réalisation du méga projet tant attendu par toute une population qui n’est autre que celui du Port Financier de Tunis.
    Pour rappel ce projet grandiose (Port Financier de Tunis) qui a été promu par la Gulf Financial House (banque d’investissement du Bahreïn) sera érigé au niveau de la banlieue nord de Tunis et plus précisément du côté de Raoued. Le Projet du Port Financier de Tunis s’étendra sur une superficie totale de 523 ha pour une enveloppe totale d’un montant de 5 milliards de dollars américains.
    En effet, le gouverneur de l’Ariana, Mehdi Zaoui a indiqué à nos confrères d’Africanmanager que le projet était bloqué jusque-là à cause des terrains sur lesquels une expropriation a été faite avec le dénouement de tous les litiges y afférents, et ce, pour utilité publique au titre de l’habitat.
    On peut dire que ceci représente une vraie bonne nouvelle pour le pays et pour toute la zone qui se verra métamorphosée avec la réalisation de ce grand projet !
    Il est à noter que ce projet faramineux permettra de créer près de 16 mille postes d’emploi à travers les installations qu’il comportera dont, à titre indicatif et non exhaustif, un centre financier et bancaire, un technopole, un centre de congrès et une zone franche pour les entreprises spécialisées dans les services et logiciels financiers, d’assurance et de comptabilité outre une université des spécialités de la finance, une zone urbaine, deux hôtels 5 étoiles, une marina et un terrain de golf.


    dimanche 15 mai 2016

    L’histoire de Sidi Mehrez et des juifs de El Harra…

    Une histoire rapportée par Habib Baccouche, un des gardiens des souvenirs de la médina  , une histoire émouvante, elle nous plonge dans notre histoire, la seule, celle que nous avons oublié…
    La Tunisie a toujours compté parmi ses enfants une forte communauté juive qui participa de manière active à la vie de la cité et qui vivait dans les quartiers appelés Hara. Mais ce que beaucoup ignorent c’est le pourquoi du mot « Hara » qui veut dire : quatre …
    L’installation juive en Tunisie se perd dans l’histoire … Certains parlent de leur fuite lors de la prise de Jérusalem par Titus en 70 après JC, emportant avec eux l’une des torahs les plus anciennes. D’autres évoquent  une installation au 3ème siècle avant JC …
    On raconte qu’au 10ème siècle, Tunis était la ville la plus importante du royaume. Pas encore capitale, elle en avait pourtant toutes les qualités : économie florissante, stabilité politique. Elle jouissait d’une paix qui se répercutait sur l’architecture, et elle rivalisait avec Kairouan. De hautes murailles protégeaient ses habitants.
    Le tableau aurait pu être idyllique si les juifs, qui commençaient à avoir un poids économique important, n’étaient pas obligés de quitter la ville une fois la nuit tombée. En effet, leurs campements étaient livrés aux attaques et aux pillards tous les soirs pas loin du quartier de Melassine. La situation ne pouvait plus durer. Ils devaient donc trouver un moyen pour vivre protégés par les murailles et ne plus à avoir à quitter la ville tous les jours.
    En ces temps- là, Sidi Mahrez était le personnage le plus important de la ville, il était également un conseiller très proche du sultan de l’époque, qui était connu pour être un collectionneur d’armes. Plus elles étaient rares et chères plus il s’acharnait à les rajouter à sa collection déjà bien garnie.
    C’est alors que lors d’un conseil des rabbins et autres personnages importants, on décida d’une ruse qui permettra à la communauté de faire partie définitivement de la ville.
    Pendant des mois , les artisans bijoutiers juifs ont dû travailler jour et nuit dans le plus grand secret à la confection d’une arme fabuleuse : un poignard en or et pierres précieuses. Cette arme se devait d’être exceptionnelle, aucun roi ni sultan en orient ni chez les mécréants du nord ne devait avoir une arme qui pourrait égaler celle-ci.
    Quand ils eurent terminé, le Grand rabbin se présenta devant le prince et lui tint ce discours en lui offrant bien évidemment l’arme en présent pour sa grande sagesse : « Nos frères, qui étaient partis faire du commerce au delà des mers sont rentrés avec ce poignard. Nul personnage à Tunis, autre que vous ne peut la posséder. C’est pourquoi nous avons décidé de vous l’offrir ».
    Le prince fut ébloui et en voulant récompenser le rabbin celui-ci rajouta : « Nos frères nous ont aussi rapporté qu’un autre poignard identique existe mais ils n’ont pas pu le trouver ! Ils n’en savent rien ; est-il chez un roi d’Orient, ou chez l’empereur de Byzance ? »
    Sur ce il refusa de prendre sa récompense et se retira, laissant le prince dans une colère noire. Celui- ci n’étant pas habitué à ne pas avoir ce qu’il voulait, ordonna à Sidi Mahrez de partir à la recherche de cette dague prestigieuse, sa collection ne pouvant être complète sans cette dernière.
    On prépara l’expédition et Sidi Mahrez prit la mer et partit à la recherche de cette arme pour calmer son prince qui devenait malade d’envie.
    Des semaines et des mois passèrent, Sidi Mahrez visitant les terres des rois et des sultans et ne trouvant rien dans ce qui était connu du Monde à cette époque, comprit que cette dague n’existait pas, se décida de rentrer et de convoquer le vieux rabbin pour comprendre pourquoi il avait menti à Sidna (notre prince).
    En apprenant le retour de Sidi Mahrez, le rabbin prit les devants et se présenta à lui le soir, déguisé pour s’entretenir avec lui : « Nous sommes tous les soirs obligés de partir, nos biens, nos femmes et nos soeurs sont la proie de brigands qui nous attaquent et nous laissent dans le plus grand désarroi. Nos artisans ont façonné la deuxième arme pendant votre absence. Nous vous l’offrons à condition de laisser quatre de nos familles vivre derrière les murailles de Tunis ».

    Le dénouement
    Sidi Mahrez, pris de compassion pour ce vieux personnage, lui promit qu’en échange de l’arme tant désirée par Sidna, il offrirait le refuge demandé pour ces quatre familles. Sur ce, il monta sur le toit de sa maison dans le quartier de Bab Souika, prit sa canne et la jeta. Là ou elle tombera sera le quartier de ces quatre familles à condition de se distinguer des habitants musulmans en portant une chéchia noire.
    Le jeu des alliances et des liens du sang fit en sorte que toute la communauté juive pouvait être résumée en quatre familles. C’est ainsi que la totalité de cette communauté fut protégée et c’est pour cela que leur quartier portera le nom de Hara, en référence aux quatre familles.


    On ne saura jamais si Sidi Mahrez avait compris la ruse des quatre familles ou si le vieux rabbin avait réussi l’exploit de jouer avec l’esprit si sage du Saint patron de la ville.

    Cette vidéo sur la Tunisie va vous donner la chair de poule !


    Dans le but d’aider notre pays et de lutter contre le terrorisme, le Rotaract club de Kairouen a crée une vidéo sur notre notre pays.