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    lundi 5 février 2018

    Dr Slaheddine Sellami - Nouveaux hôpitaux, nouvelles cliniques : les fausses pistes de la politique de santé en Tunisie

    Dr Slaheddine Sellami - Nouveaux hôpitaux, nouvelles cliniques : les fausses pistes de la politique de santé en Tunisie
    Une série de fausses pistes risquent d’embarquer la stratégie de santé en Tunisie sur des dérapages préjudiciables. L’excitation des décisionnaires politiques à promettre et lancer de nouveaux hôpitaux, de grandes capacités, partout dans le pays, en est un bel exemple. Encore, plus édifiant, s’agissant de projets qui n’obéissent à aucun critère sérieux quant à la nécessité, la taille et la vocation. D’un autre côté, la frénésie de promoteurs privés à édifier de nouvelles cliniques, sans s’insérer dans une vision globale ou répondre aux vrais besoins d’une médecine nouvelle et d’un autre type de prise en charge des patients, nous interpelle elle aussi. S’obstiner à ne pas regarder la réalité en face, et persister dans des erreurs stratégiques plomberont lourdement le secteur.
    J’ai longtemps hésité à partager avec vous mes réflexions sur ces questions. Mais, mon attachement à ce secteur auquel j’ai consacré toute ma vie active depuis mon jeune âge d’étudiant en Médecine, puis toute ma carrière hospiatlo-universaitaire et à présent en libre pratique, m’a incité à ouvrir ce dossier et lancer avec vous le débat indispensable.
    Partout dans le monde, on assiste à la fermeture de services hospitaliers et même d’hôpitaux entiers, pour allouer les moyens à d’autres. C’est ainsi qu’en France 10 000 lits d’hôpital ont disparu. La tendance en Tunisie est à l’inverse. On relève, ces dernières années, des annonces quasi-quotidiennes de construction de nouveaux hôpitaux. Ceux qui tiennent ces promesses et oeuvrent à leur réalisation n’ont en fait d’autres scoucis que de plaire aux populations, à certains professionnels ou aux élus. Il ne tiennent nullement compte de la rentabilité, de l’intérêt ou de la dimension appropriées de ces hôpitaux. 
    Ces trois données fondamentales qui justifient pareils projets, n’ont jamais été rigoureusement évaluées par les décisionnaires. De toute manière, ils savent bien qu’ils ne seront probablement pas en fonction, à la tête du ministère, le jour où il faudra trouver les moyens nécessaires au fonctionnement de ces hôpitaux . 
    On a ainsi promis à la volée un hôpital à Sfax, à Gafsa, à Kairouan, à Gabès, à Sidi Bouzid et sur le Grand Tunis un nouvel hôpital d’enfants et un nouveau centre de carcinologie, sans compter les dizaines d’hôpitaux régionaux dans presque tous les gouvernorats, parfois à quelques kilomètres les uns des autres.
    Pourtant, les expériences malheureuses du passé, nombreuses, sont édifiantes. Ceuxqui sont de ma génération se rappelleront toujours le cas de l’hôpital militaire de Tunis. Initialement conçu pour être un hôpital civil mais une fois prêt, le ministère de la santé s’est rendu compte qu’il était dans l’incapacité de le faire fonctionner et que seuls les militaires ont pu le faire après des effots colossaux. Nombre d’autres hôpitaux ont été construits, mais ont dû rester fermés pendant plusieurs mois, voire quelques années, faute de moyens matériels et humains pour les faire fonctionner. 
    Il est évident que les besoins dans toutes les régions de l’intérieur sont énormes et que le devoir du pouvoir politique est de rapprocher une offre de soins de qualité à tous les citoyens où qu’ils soient . Cette offre de soins doit, cependant, être faite avec beaucoup de réalisme et éviter le populisme. 
    Tous les professionnels de la santé ont critiqué la politique qui consiste à distribuer sous la pression des moyens sans que cela corresponde à une politique globale.
    L’exemple le plus parlant est celui des scanners de dernières générations et IRM mis dans différents hôpitaux alors que ces hôpitaux ne disposent même pas de radiologues. Les régions de l’intérieur et en particulier les régions défavorisées doivent rester la grande priorité du ministère de la Santé, mais la finalité de toute politique de santé doit être le patient et l’amélioration des soins. 
    Ce n’est certainement pas en construisant des hôpitaux que l’on va améliorer les soins prodigués aux patients. Pour les Tunisiens, l’important, c’est de trouver le personnel médical et para médical nécessaire pour s’occuper de leur pathologie, les équipements adéquats pour les explorer et assurer leur traitement ainsi que les médicaments indiqués. Constater qu’on a construit un hôpital , souvent avec des crédits étrangers que nous serons amené à rembourser, sans que cela ne se traduise par une meilleure prise en charge de leur état, ne fera qu’accentuer la frustration de nos concitoyens de ces régions.
    Factuellement, les chiffres sont têtus. Le taux d’occupation des lits dans les différentes régions du pays, en dehors des CHU, est alarmant. Il avoisine les 25% dans les hôpitaux de circonscription et ne dépasse pas les 45% pour les hôpitaux régionaux. Certes ces chiffres sont expliqués, entre autres facteurs, par le manque de médecins spécialistes dans ces régions, mais est-il judicieux de construire encore plus d’hôpitaux qui resteront vides ? Comment alors faire concorder les ressources humaines existantes et les infrastructures avec les besoins en l’absence d’une vision ? Ceci est d’autant plus difficile que les mutations démographiques, économiques, et culturelles feront que les besoins et les attentes des citoyens sont appelés à évoluer et continueront à le faire, mais vers une demande d’une médecine différente, une médecine de ville, autrement dit une médecine ambulatoire. Le temps des hospitalisations de 10 ou 15 jours dans des services de 60 et 80 lits est révolu. Les services actuels sont plus petits mais dotés de moyens d’exploration et de traitements plus performants. 
    Les priorités ont changé et il faut l’intégrer. Ceci imposera forcément une redistribution des moyens, toujours insuffisants, vers d’autres structures de santé que l’hôpital. Les moyens doivent être alloués aux équipements, au transport des malades et aux ressources humaines plutôt qu’aux bâtiments .Ne serait-il pas plus judicieux de commencer par améliorer et mettre à niveau les bâtiments existants ? 
    Les hôpitaux de 300 ou 400 lits ne correspondent plus à nos besoins. Il est clair qu’une approche des questions de santé centrée sur les besoins du citoyen ne passe pas par l’édification d’hôpitaux, elle ne peut qu’être globale et doit tenir compte de l’offre de soins qui existe déjà dans toute la région.
    Une frénésie de construction de clinique, sans stratégie. Dans un pays, l’offre de soins relève d’une démarche globale, incluant le développement du secteur privé qui doit faire partie de la donne. En intégrant les projets en cours de construction, on estime que le nombre de lits dans le secteur privé va passer à 12.500 , alors qu’il n’était que de 5000 lits en 2014. On assiste depuis 2015 à une course effrénée à la construction de nouvelles cliniques. L’absence de stratégie, la libération de l’acquisition des équipements lourds, qui étaient jusque-là soumis à des normes expliquent en partie cette inflation. Fonder une stratégie sur le malheur actuel de nos voisins, surtout libyens, me semble être dangereux et on peut le comparer aux problèmes des différentes unités touristiques qui sont confrontées à des difficultés économiques importantes qui ont obligé l’Etat à intervenir. 
    Plutôt des maisons de repos que des hôpitaux. La médecine d’aujourd’hui nous pousse à allouer les ressources vers des plateaux techniques performants, vers la prévention, vers les personnes agées. On a plus besoin de maisons de repos et de centres de réhabilitation que de nouveaux lits d’hôpital.
    De vieux logiciels de décision, obsolètes. A l’heure où nous mettons en œuvre la réforme de médecine de famille, il est inconséquent de continuer à raisonner de la même façon que dans les années 80. L’hospitalo-centrisme a fait des dégâts énormes à tous les systèmes de santé qui n’y ont pas pris garde. Pour mémoire et à l’heure où l’on ne parle pèle mêle que de déterminants sociaux de la santé, d’augmentation de l’espérance de vie, de couverture médicale universelle et bien sûr de déficits de la CNAM, nous constatons que le budget consacré à toutes les formes de prévention chez nous ne dépasse pas 4.5% ! Ce n’est pas avec ces nouveaux projets d’hôpitaux que les choses changeront dans le bon sens, sauf à consacrer 20% du PIB à la santé, ce qui n’est pas évidemment réaliste.
    Le plus important n’est pas de construire des hôpitaux. Il est impératif de réaliser que l’édification d’un hôpital et son équipement sont la partie la plus facile du projet (d’ailleurs une bonne partie du financement de ces projets vient de l’étranger) ! Les exemples ne manquent pas, le budget de fonctionnement d’un hôpital à très court terme peut devenir problématique, il n’y a qu’à voir l’endettement de nos hôpitaux  estimé à plus de 260 milliards. Les conséquences de ces déficits sur toutes les structures sont énormes, l’exemple de la Pharmacie Centrale nous vient immédiatement à l’esprit. Une entreprise qui a toutes les chances de faire des bénéfices mais, faute d’être payée par les structures publiques ( hôpitaux , centres de santé de base mais aussi CNAM dont les dettes auprés de la PCT dépassent 700 milliards), elle pourrait se retouver dans l’incapacité de payer ses fournisseurs avec un risque pour la disponibilité des médicaments aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé. 
    Ces quelques lignes n’évoquent qu’une toute petite partie des problèmes de la santé. C’est leurs coûts exorbitants et la nécessité de prendre des mesures urgentes avant qu’il ne soit trop tard qui me poussent à les évoquer maintenant.
    Dr Slaheddine Sellami

    Pour le magazine britannique The Economist, l'UGTT empêche la Tunisie d'avancer

    UGTT

     |  Par
    "L'Union Générale Tunisienne du Travail, prix Nobel de la paix, empêche la Tunisie d'avancer", tel a été le titre d'un article publié par le magazine britannique The Economist.
    Dépeignant l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) comme un organisme jouant un rôle majeur dans la vie politique tunisienne, notamment par sa participation dans la lutte pour l'indépendance, dans la chute du régime Ben Ali, ou encore par sa médiation lors de la crise de 2013 qui lui a valu le prix Nobel de la paix, The Economist estime néanmoins que l'UGTT est également au cœur des problèmes économiques de la Tunisie.
    Selon l'article, elle représenterait l'un des plus grands freins à la croissance du pays, principalement à cause de la bureaucratie qu'elle soutient. The Economist parle d'ailleurs de la vague de recrutement dans la fonction publique, survenue après la révolution, qui avait engendré une masse salariale représentant près de 14% du PIB, parmi les pourcentages les plus élevés au monde.
    Toujours selon le magazine britannique, l'UGTT se serait battue contre les tentatives de réduction des dépenses du gouvernement, appelant souvent la privatisation des institutions comme "une ligne rouge" selon The Economist. Il estime également que cette politique aurait nuit au pays souvent en proie à des grèves et des protestations, dans une période où une union nationale s'impose.
    Ces appels à la grève, The Economist en cite plus d'un; notamment l'appel en 2013 à des manifestations anti-gouvernementales, la fermeture en 2016 du service postal durant plusieurs jours pour protester contre la façon avec laquelle un fonctionnaire aurait été traité, ou encore les menaces en décembre dernier qui avaient forcé le gouvernement à abandonner le gel des salaires dans le secteur public en 2017.
    The Economist estime que les syndicats sont particulièrement puissants dans les régions intérieures de la Tunisie. Il prend l'exemple de la région de Gafsa, centre de l'industrie du phosphate.
    "La Tunisie était autrefois le cinquième plus grand exportateur de phosphate. Après la révolution, les syndicats ont appelé à la grève et exigé plus d'emplois. Ainsi, l'usine de Gafsa avait embauché 2500 nouveaux employés en l'espace de 3 ans, ce qui a fait augmenter l'effectif de 51%. Mais les grèves se sont poursuivies et la production est passée de 8 millions de tonnes en 2010 à seulement 3,3 millions en 2013. L'industrie n'a pas encore récupéré" lit-on dans l'article.
    Selon The Economist, les dirigeants syndicaux soutiennent les protestations car ils estiment que sans les grèves, le gouvernement continuerait à négliger les régions intérieures, citant le secrétaire général de l'UGTT, Noureddine Tabboubi, qui aurait déclaré: "Nous sommes devenus un exportateur du terrorisme. Quelque 6000 Tunisiens ont rejoint Daesh. Beaucoup d'entre eux viennent des mêmes régions pauvres qui s'étaient sont soulevées contre la dictature de Ben Ali".
    S'agissant de l'engagement du gouvernement tunisien envers les exigences du FMI par rapport à la réduction de la masse salariale dans la fonction publique, le magazine revient sur l'échec des réformes entreprises, qualifiant le taux cible qui est de 12% du PIB, de "toujours aussi élevé, et impossible à réaliser".
    Mais pour le magazine britannique, l'UGTT a prouvé qu'elle peut faire preuve de pragmatisme. Selon The Economist, l'un des plus gros handicaps budgétaires de la Tunisie est le système de retraite, qui affiche un déficit de 1,1 milliard de dinars, soit 65% de plus qu'il y a deux ans. Des réformes "timides" avaient été effectuées par les différents gouvernements, notamment la proposition de faire passer l'âge de la retraite de 60 à 62 ans, chose que l'UGTT avait toujours refusé. "Mais en octobre, leur résistance à cette réforme a reculé" lit-on dans l'article du magazine, citant par l'occasion le conseiller économique du chef du gouvernement, Lotfi Ben Sassi qui aurait déclaré à propos de l'UGTT: "Quand ils ont l'occasion, ils mettent la pression au gouvernement, mais là, ils reconnaissent le problème que pose le système de retraite. La Tunisie a souvent besoin d'eux".
    L'article parle aussi de la persécution régulière dont aurait été victime l'UGTTpendant les 54 ans qui avaient suivi l'indépendance, estimant que celle-ci est néanmoins restée influente dans la politique tunisienne.
    Il revient également sur les événements de Tataouine (El-Kamour) et la population locale qui pense que leur ville devrait être "une ville prospère", au lieu d'une ville "poussiéreuse", qui plus est, proche des réserves de pétrole et de gaz du pays.
    Le sit-in qui avait duré plusieurs mois et bloqué la production de pétrole, avait pris fin par un accord, grâce à la médiation de l'UGTT qui avait abouti par un accord signé entre le gouvernement et les manifestants.
    Le rôle majeur de l'UGTT dans cet accord a beau avoir été salué, The Economistestime toutefois qu'il s'agit d'une mauvaise politique, car "la compagnie pétrolière de l’État a perdu de sa rentabilité. Au cours de la dernière décennie, sa production a chuté de 29%, même si sa main-d'œuvre a augmenté de 14%". Selon l'article, même si l'accord signé avait poussé le gouvernement à demander aux entreprises pétrolières et gazières privées d'embaucher environ 1500 personnes de la région, ces recrutements restent quand même inutiles puisque "ces compagnies n'ont pas vraiment besoin de travailleurs supplémentaires".
    "Même Nawara, un projet qui devrait augmenter la production annuelle de gaz de 25% à partir de l'année prochaine, ne nécessite pas plus de 200 employés à plein temps" estime The Economist.

    mardi 30 janvier 2018

    Qui sont ces tunisiennes à des postes clefs dans la galaxie Macron?

    Les Tunisiens de la galaxie Macron
    Quatre jeunes femmes d’origine tunisienne font partie, à des postes clefs, de la galaxie du président Emmanuel Macron. Ahlem Gharbi est conseillère à l’Elysée, Sonia Krimi et Anissa Khedher, sont députées à l’Assemblée nationale et Neila Benzina est membre du bureau exécutif d’En Marche ! Portraits.

    Ahlem Gharbi

    Conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient, 
    Cellule diplomatique, Présidence de la République

    Diplomate de carrière, Ahlem Gharbi, Française d’origine tunisienne (sa famille est de Bizerte), aligne un brillant parcours au sein du Quai d’Orsay, marqué notamment par son affectation à l’ambassade de France au Caire, en 2009, où cinq ans durant elle observera de près la montée en puissance de la grogne populaire et la chute du régime de Hosni Moubarak, puis celui des islamistes conduits par Morsi. Elle ira ensuite, en 2013, à la mission de France auprès de l’ONU à New York où elle s’occupera des questions humanitaires.
    De retour à Paris en 2015, elle rejoindra le groupe Total, en qualité de directrice déléguée pour les affaires internationales, avant de rallier l’équipe Macron et suivre le président élu dès son accession à l’Elysée. DEA à Sciences-Po sous la direction de Gilles Kepel, après deux licences d’histoire à l’université Marc-Bloch (Strasbourg) et d’arabe à la Sorbonne, Ahlem Gharbi, parfaitement trilingue, incarne cette nouvelle génération qui accompagne le président Macron dans sa transformation de la France.

    Sonia Krimi

    Députée LREM, de la 4e circonscription de la Manche
    Native de Tunis, le 20 décembre 1982, elle est arrivée il y a juste 12 ans en France (2005) où son père est magasinier chez Peugeot. Studieuse, elle enchaîne les diplômes supérieurs, enseigne dans des universités, décroche des postes significatifs dans l’industrie nucléaire et obtient en 2005 la nationalité française. Sonia Krimi soutiendra avec brio, à Toulon en 2010, une thèse de doctorat en gestion intitulée: «Contribution à l’amélioration de l’apprentissage organisationnel dans les pôles de compétitivité. Le cas du Pôle Mer PACA.» Elle enseignera la stratégie d’entreprise et le management international puis rejoint l’industrie nucléaire, avant de se consacrer au conseil à des entreprises dans l’optimisation de leurs performances.
    Son implantation à Cherbourg et au Nord-Cotentin se fera aisément, tant elle est douée pour les contacts et toujours prête à rendre service. La première fois que Sonia Krimi votera, c’était le 6 mai dernier lors de l’élection présidentielle. Sa voix ira à Emmanuel Macron dont elle avait rejoint le comité de soutien local. Dans le même élan, ses camarades d’En Marche la proposeront comme candidate pour les législatives de juin 2017 et la soutiendront à rafler son siège.
    A l’Assemblée nationale, elle est membre de la commission des affaires étrangères et vice-présidente du groupe d’amitié France-Tunisie. Elle est également co-rapporteure de la Mission d’information sur le terrorisme : lutter contre le financement du terrorisme international et membre de la Délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes.

    Anissa Khedher

    Députée LREM de la 7e circonscription du Rhône
    Née le 1er avril 1980 à Vénissieux, elle est installée à Bron depuis 1992. Cadre de santé (infirmière à la base), elle sera affectée aux urgences psychiatriques du centre hospitalier Le Vinatier à Bron 1. Indépendante de tout parti, elle sera élue en 2008 conseillère municipale déléguée à la santé et au handicap à Bron. Ayant échoué à se faire réélire en 2014, elle poursuivra son engagement sur les questions sociales. L’approche transpartisane d’Emmanuel Macron la séduit et dès l’annonce de son intention de briguer l’Elysée, elle adhère en décembre 2016 à En Marche. Gérard Collomb soutiendra son investiture aux législatives de 2017.
    A l’Assemblée nationale, elle est membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées, ainsi que des groupes d’amitié Tunisie-France et France-Oman.

    Neila Ben Zina

    Membre du bureau exécutif d’En Marche!
    Novembre 2016, Neila Benzina rencontre pour la première fois Emmanuel Macron lors de sa visite à Tunis. Elle rejoindra rapidement son mouvement La République en Marche ! En décembre dernier, elle a été désignée parmi les dix personnalités issues de la société civile choisies pour compléter les vingt autres élus formant le bureau exécutif.
    Fondatrice d’une société d’analyse de données parmi les plus importantes de la zone Moyen-Orient et Afrique, Business Decision, Neila Benzina est très impliquée dans la société civile tunisienne. Nombre de magazines la classent parmi les femmes d’influence reconnues dans le développement économique et humain de la région. Récit de sa rencontre avec le président Macron.
    «D’emblée, j’ai été impressionnée par son projet, par sa vision et par sa détermination à créer une nouvelle dynamique pour la France (en intégrant des pays proches comme la Tunisie), dans une approche très pragmatique et concrète.
    Sur le sujet du numérique, qui m’est très cher, Emmanuel Macron a été à l’origine du lancement de l’initiative French Tech en France puis à l’international. Il nous avait en 2016 encouragés à nous organiser pour lancer la French Tech Hub Tunis. Ce projet est aujourd’hui en train de voir le jour et nous attendons une concrétisation par l’obtention du label grâce à la visite du Président. Le message clé de cette visite est, selon moi, que la Tunisie est de retour, «Tunisia is back » et la France peut accompagner et accélérer ce retour à travers plusieurs initiatives structurantes, notamment dans les domaines du numérique, de la formation/éducation, de la culture et de l’entrepreneuriat».

    jeudi 25 janvier 2018

    Exode massif des médecins tunisiens: Un décret français amplifie l'hémorragie !

    Exode massif des médecins tunisiens: Un décret français amplifie l'hémorragie !

    Même si le phénomène n'est pas nouveau, il faut reconnaître qu'il a pris ces derniers temps des proportions inquiétantes. Les médecins tunisiens, très choyés en Europe, particulièrement en France et en Allemagne, ne cessent malheureusement de prendre leurs cliques et leurs claques pour aller faire le bonheur d'autres patients. Cet exode massif, aux allures de véritable hémorragie, n'est pas près de s'arrêter. Bien au contraire !
    En témoignent les résultats publiés en décembre dernier du concours annuel d'équivalence autorisant les médecins étrangers à exercer dans l'Hexagone. Sur 450 postes ouverts, toutes spécialités confondues, un tiers environ des lauréats ont des noms à consonnance tunisienne.
    Alors que nos toubibs, (confrontés à un ras-le-bol et à un secteur de la santé au bord de l'asphyxie), se saignent aux quatre veines pour pouvoir exercer leur métier dans les règles de l'art, d'autres contrées assouplissent les conditions d'accueil aux hommes en blouse blanche. 
    Face à cette fuite des cerveaux, des médecins tunisiens, à l'instar de Moez Ben Salem (dermatologue installé à Tunis) ont pourtant tiré la sonnette d'alarme, mais la surdité associée à la cécité des autorités se font encore plus profondes chaque jour que Dieu fait. 
    Et la conséquence est évidente: de plus en plus de jeunes spécialistes, pourtant formés pendant des années aux frais du contribuable tunisien, préfèrent partir. Un véritable gâchis qui affecte à la fois, aussi bien le secteur de la santé publique que celui privé.
    Le plus inquiétant dans cette fuite de médecins, c'est que la France, confrontée elle-même à une pénurie de compétences médicales, a saisi l'occasion idoine pour encore "aspirer" davantage nos toubibs. Et de quelle manière !
    Le décret 2017-1601 du 22 novembre 2017 publié dans le JORF (n° 0274 du 24 novembre 2017) donne désormais aux étudiants étrangers en médecine, les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes spécialistes étrangers, l'autorisation temporaire d'exercice pour les médecins et les chirurgiens-dentistes spécialistes titulaires d'un diplôme permettant l'exercice de la spécialité dans leur pays d'origine.
    Le décret, entré en vigueur dès le lendemain de sa publication, précise les modalités d'autorisation temporaire d'exercice permettant à des étudiants en médecine étrangers ainsi qu'à des médecins, chirurgiens-dentistes et pharmaciens spécialistes étrangers de venir suivre une formation complémentaire en France. Mais détermine aussi la procédure de délivrance de l'autorisation qui associe notamment de manière étroite le conseil national de l'ordre compétent et le Centre national de gestion. 
    Cette autorisation temporaire de 2 ans, renouvelable, assouplit à n'en point douter les conditions d'exercice des médecins étrangers qui étaient, naguère, obligés de passer par le concours annuel d'équivalence.
    Pour de plus amples détails sur le décret:

    lundi 8 janvier 2018

    Maroc: une année record pour le tourisme



    Avec une progression de +10% des arrivées de touristes aux postes frontières à fin novembre 2017, l'activité touristique a maintenu la cadence de croissance soutenue entamée depuis le début de l'année, selon le ministère marocain du Tourisme, du Transport aérien, de l'Artisanat et de l'Economie sociale.
     
    Les principaux marchés émetteurs du royaume continuent d'afficher des progressions importantes, en particulier, l'Allemagne (+15%), les Pays-Bas (9%), l'Espagne (+8%) et l'Italie (+9%). Par ailleurs, les marchés touristiques émergents pour le Maroc maintiennent leur trend haussier : +173% pour la Chine, +39% pour le Japon, +28% pour la Corée du Sud, +30% pour les États-Unis et +57% pour le Brésil, a indiqué le ministère dans un communiqué sur les statistiques du tourisme marocain.
     
    Quant aux nuitées réalisées par les établissements d'hébergement touristique classés, elles ont connu une forte croissance de +15% par rapport à fin novembre 2017 (+18% pour les touristes non résidents et +8% pour les résidents).
     
    Cette hausse des nuitées a concerné toutes les destinations du royaume. Les recettes touristiques en devises ont atteint 6,89 milliards de dollars à fin novembre 2017, enregistrant ainsi une progression de+6,6% par rapport à la même période de l'année écoulée.


    jeudi 4 janvier 2018

    L’ouverture d’un bureau de change est désormais possible



    Le décret gouvernemental relatif à la création des bureaux de change a été promulgué, aujourd’hui, mercredi 3 janvier 2018.

    Cette mesure permettra l’orientation des opérations de change effectuées illégalement vers les circuits légaux. Elle permettra, également de soutenir les efforts de l’Etat dans lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

    En vertu de ce décret, le change manuel ne sera plus limité aux banques. En effet, les dispositions de la loi 54 autorisent l’exercice du change manuel à travers l’ouverture d’un bureau de change par toute personne physique de nationalité tunisienne, n’ayant pas d’antécédent judiciaire et n’ayant pas fait faillite.
    Elle doit, également, avoir la compétence professionnelle lui permettant d’exercer cette activité, après avoir obtenu une autorisation préalable de la Banque centrale de Tunisie.

    Le décret gouvernemental a fixé le seuil minimum de la caution bancaire pour l’exercice de l’activité de change manuel à 50 mille dinars, et ce, conformément aux dispositions de l’article 54 de ladite loi. D’autre part, le texte de loi indique que toute personne voulant pratiquer cette activité devra être titulaire d’une licence, ou d’un diplôme équivalent dans une filière financière, ainsi que d’un diplôme de formation délivré par l’Académie des Banques et Finances.

    2018 pourra être le dernier hiver de la Tunisie



    Par Nizar Bahloul, publié le 02/01/2018 15:59

    Une nouvelle année démarre et, avec elle, une série de résolutions, d’espoirs et d’espérances. Meilleurs vœux à tous mes lecteurs, à tous les Tunisiens, à tous les laïcs, à tous ceux qui veulent que notre pays soit libre, développé, propre, émancipé, civilisé, de droit, de justice et de prospérité.  Pensée à tous les martyrs qui nous ont quittés en 2017 pour qu’on puisse vivre décemment et atteindre ces objectifs. Ce n’est pas demain la veille cependant, beaucoup d’entre-nous continuent à regarder la partie vide du verre et à dire (et penser) que tout va mal, que l’actuel pouvoir n’a fait que mentir et décevoir. Il est vrai que nous autres médias sommes beaucoup responsables dans ce défaitisme général qui veut que l’on regarde le présent avec amertume et l’avenir avec pessimisme.
    Peut-il en être autrement quand on voit cette Loi de Finances 2018 qui va affaiblir les entrepreneurs créateurs de richesses et appauvrir encore davantage les pauvres ? Quel constat pourrions-nous faire après avoir subi les humiliations les unes derrière les autres ? Que penser de nous-mêmes quand un pays comme les Emirats arabes unis, créé de toutes pièces en 1971, est interdit d’accès aux Tunisiennes, même munies d’un visa de transit ? Quel jugement ferions-nous de nous-mêmes quand on voit nos plus vieux partenaires (et soi-disant amis) nous infliger l’humiliante inscription sur une liste noire de paradis fiscaux, alors que les contribuables en règle subissent une des plus fortes fiscalités au monde ? On peut énumérer jusqu’à demain les mauvaises choses et tout ce qui ne va pas, c’est notre rôle de médias de nous arrêter et de parler des trains qui n’arrivent pas à l’heure, sauf qu’il faut savoir raison garder et ne pas exagérer dans le pessimisme. Il ne s’agit pas de parler des trains qui arrivent à l’heure, mais noter plutôt des choses ayant eu lieu en 2017 et qui autorisent l’optimisme pour 2018 et les années à venir. Des choses qui nous semblaient inimaginables il y a quelques années et que l’on est en train de réaliser grâce à la pression des médias, de la société civile, des entrepreneurs et chefs d’entreprise et à une indéniable volonté politique pour aller de l’avant. Il s’agit de prendre un peu de distance par rapport aux événements et par rapport au pays pour constater que tout ne va quand même pas si mal que ça, que notre pays n’est pas si mauvais quoique nous disions, nous autres médias, quoique disent les ONG financées de l’étranger et quoique dise l’opposition.

    Qu’est-ce qui a donc eu lieu en 2017 et autorise l’optimisme pour 2018 et les années à venir ?
    Bien que cela a été dit et répété 1000 fois, l’acquis de la liberté d’expression dans le pays est une richesse inestimable et on continue à consolider cet acquis. Le pouvoir actuel n’a pas eu raison de nous et ce n’est pourtant pas sa volonté de faire autrement qui a manqué. Nous continuons, nous autres médias, à résister pour fournir aux lecteurs/téléspectateurs/auditeurs de l’information qui dérange et de l’analyse qui agace. Je reviendrai plus longuement sur ce point dans deux semaines à l’occasion du dixième anniversaire de Business News.
    Le 18 août dernier, le ministre de la Coopération internationale et ministre par intérim des Finances, Fadhel Abdelkéfi, a présenté sa démission suite à un « scandale » médiatique. Sa société Tunisie Valeurs, dont il était le DG avant son entrée au gouvernement, est accusée d’une infraction douanière. L’affaire a éclaté dans les médias (chose inimaginable il y a 7 ans), et n’a pas été étouffée par la douane qui dépend hiérarchiquement de ce même ministre (chose tout aussi inimaginable), ni par la justice qui a, pourtant, l’habitude (jusqu’à maintenant) d’étouffer les dossiers sensibles. Face au scandale, le ministre a préféré démissionner alors qu’il savait qu’il n’a rien fait d’immoral, ce qui était également inimaginable.  Le 14 septembre, Fadhel Abdelkéfi comparait devant le tribunal et bénéficie d’un non-lieu. Coup de théâtre cependant, le parquet fait appel, ce qui était inimaginable il y a sept ans, quand on sait que ce parquet dépend hiérarchiquement du ministre de tutelle. Et pourtant ! Le 20 décembre, la cour d’appel de Tunisie décide de condamner l’ancien ministre. Rendez-vous bientôt à la cour de cassation pour la suite de ce feuilleton politico-judiciaire qu’on ne voit que dans les pays développés.

    Le 17 décembre dernier, un blogueur controversé, condamné à de la prison ferme par la justice et encore poursuivi pour des affaires sulfureuses, réussit l’improbable en remportant des législatives partielles en Allemagne devant les partis au pouvoir et une machine électorale censée être imbattable. Cet exercice démocratique est à lui seul un acquis considérable, même s’il a fait passer quelqu’un qu’on peut considérer comme sulfureux. Certes la démocratie a fait également passer Adolf Hitler, George Bush Jr et Donald Trump, mais ce choix démocratique (qu’on croit bon) reste le nôtre et on le réussit. Sur le long terme, ce choix est le moins mauvais possible pour les générations futures et il vaut nettement mieux qu’une dictature aussi éclairée soit-elle.
    Le 21 décembre dernier, la Tunisie vote à l’ONU une résolution contre la décision de Donald Trump de reconnaitre Jérusalem comme capitale d’Israël. On a beau dire que le pouvoir actuel est à la botte des Etats-Unis, de la Banque mondiale et du FMI, il a quand-même pris position allant à l’encontre de ses intérêts et allant de pair avec la volonté des Tunisiens. Pas sûr qu’une telle décision courageuse aurait pu être prise par la troïka au pouvoir du temps des Islamistes.
    La loi de Finances 2018 a prévu des décisions suspendant l’accord de libre échange avec la Turquie. Précédemment, on a arrêté l’importation des glibettes blanches turques. Deux mesures protectionnistes qui vont à l’encontre des intérêts de la Tunisie, sa réputation de respect des accords signés (même si la suspension de l’accord fait partie de l’accord) et son économie supposée être ouverte, mais qui vont de pair avec la volonté des Tunisiens. Pas sûr qu’une telle décision aurait été prise par la troïka au pouvoir du temps des islamistes, totalement inféodés aux Turcs.
    Le 8 septembre dernier, le ministre de la Justice Ghazi Jeribi a signé une circulaire faisant annuler la fameuse circulaire numéro 216 du 5 novembre 1973 interdisant aux Tunisiennes de se marier à de non-musulmans. « L’article 73» est aboli, désormais, les Tunisiennes, à l’instar des Tunisiens, auront le droit de se marier à des non-musulmans. Une idée lancée par Béji Caïd Essebsi le 13 août dernier, le même Caïd Essebsi qui a autorisé les mamans tunisiennes, deux ans plus tôt, à voyager avec leurs enfants sans une autorisation paternelle.
    Ce même 13 août 2017, Béji Caïd Essebsi a lancé un pavé dans la mare à propos de l’égalité de l’héritage entre les femmes et les hommes déclenchant ainsi toute une polémique dans les rangs islamiques et conservateurs tunisiens et arabes qui l’accusent, en toute hypocrisie, de vouloir imposer des lois contraires à la loi divine. Ces mêmes islamistes/conservateurs, pourtant, acceptent que l’on ne coupe plus les mains des voleurs et que l’on ne pende plus les condamnés sur les places publiques, alors que la même loi divine l’impose clairement dans les textes.
    Le 25 avril 2017, le projet de loi N°42/2017 portant modification de la loi n°92-52 du 18 mai 1992 relative aux stupéfiants a été adopté. Désormais, un consommateur de cannabis n’est plus condamné à un an de prison et 1000 dinars d’amende. La sanction est allégée et va de pair avec la législation en la matière dans les pays civilisés.
    Précédemment, et depuis 2016 déjà, en matière de code pénal, tout suspect arrêté par la police a droit à la présence d’un avocat. Ce même suspect, en vertu de la nouvelle loi, a droit à une série de nouveaux droits qui empêchent la police de faire ce que bon lui semble : accompagnement d’avocat, information de la famille ou de l’ambassade, information en langage clair de la procédure engagée et des motifs de l’arrestation, citation des droits… Qui pouvait croire que cela pouvait avoir lieu en Tunisie, il y a sept ans de cela ?

    Ces acquis sont là. Certains disent qu’ils sont minimes et que les gouvernants n’ont pas fait quelque chose d’extraordinaire. Sauf que l’on oublie que ces mêmes gouvernants dirigent un peuple composé d’énormément de citoyens qui ne paient pas les impôts, qui ne s’arrêtent pas aux feux rouges, jettent leur détritus par la fenêtre, fument dans les endroits publics clos, ne balaient jamais devant leur porte et, par leur éternelle insatisfaction, s’amusent à ajouter du noir à la sinistrose.
    A force de casser toute bonne chose entreprise, tout projet novateur, de ne s’arrêter que sur les trains qui arrivent en retard et de broyer du noir, on risque de finir dans le noir. Il reste beaucoup à faire, c’est indéniable, mais beaucoup a été fait et ce qui a été fait ces dernières années, et en 2017 particulièrement, autorise l’optimisme pour les années à venir, car la Tunisie évolue et change positivement.
    Meilleurs vœux 2018 !

    samedi 30 décembre 2017

    Ecoutez sur Radio Tunisia Med Les 5 chansons les plus «love» de l'année

    http://radiotunisiamed.wixsite.com/radiotunisiamed/radiotunisiamed-live

    Paroles touchantes et mélodies poignantes, difficile de ne pas tomber sous le charme de ses 5 hits chargés d’émotion.
    «Too Good at Goodbyes» (2017), Sam Smith

    Sam Smith excelle dans un domaine, celui des chansons d’amour. Il l'avait montré avec des morceaux comme «Stay With Me» et «I'm Not the Only One», tous deux sortis en 2014, et le prouve encore une fois avec «Too Good at Goodbyes». Dévoilée en septembre 2017, la ballade poignante raconte la difficulté à surmonter une rupture sentimentale. La chanson transpire la sincérité et ne peut que vous toucher en plein cœur.

    Sam Smith - Too Good At Goodbyes

    «Sign of the Times» (2017), Harry Styles

    Harry Styles a livré son très attendu premier single en solo, «Sign of the Times» et n'a pas déçu ses fans. Sorti en avril 2017, le morceau pop-rock est teinté de mélancolie. Simplement accompagné d'un piano, Harry Styles exécute une impressionnante prouesse vocale. Il n'hésite pas à faire monter sa voix dans les aigus et assure tout autant dans les graves. Aérienne et intense, la chanson donne la chair de poule.

    Harry Styles - Sign of the Times

    «Perfect» (2017), Ed Sheeran

    Ed Sheeran réalise avec «Perfect», la même prouesse que pour «Thinking Out Loud» (2014). Les chansons de l’artiste sont bien parties pour devenir des classiques de mariages ! La ballade romantique évoque les retrouvailles de deux amis d'enfance, amoureux depuis leur plus jeune âge, mais qui jusqu'à présent, ignoraient la nature de leurs sentiments. Impossible de ne pas fondre.

    Ed Sheeran - Perfect (Official Music Video)

    «Dusk Till Dawn» (2017), Zayn Malik et Sia

    Zayn Malik et Sia, avec leurs voix qui s’accordent parfaitement et des refrains explosifs, ont réuni tous les ingrédients pour cartonner et ça n'a pas loupé. Pour ne rien gâcher, le hit a bénéficié d'un clip aux allures de blockbuster hollywoodien. Signée Marc Webb, le réalisateur de «The Amazing Spider-Man», la vidéo met en scène l'ancien membre de One Direction et l'actrice Jemima Kirke, connue pour son rôle dans la série «Girls», dans la peau des Bonnie et Clyde des temps modernes.

    ZAYN - Dusk Till Dawn ft. Sia


    «Grace» (2017), Rag’n’Bone Man

    Rag'n'Bone, dans «Grace», tente de relativiser après une rupture. Avec sa voix soul, chargée en émotions, le chanteur britannique nous transporte dans son univers aussi sensible que réaliste. Nul doute que de nombreuses fans seront volontaires pour l'aider à soigner son petit cœur brisé.

    jeudi 28 décembre 2017

    Dernier délai pour échanger ces billets



    La Banque centrale porte  à la connaissance du public que, conformément au décret n°2011-4248 du 24 novembre 2011, les billets de banque de cinquante dinars (type 2008), de trente dinars (type 1997), et de vingt dinars (type 1992) ont cessé  d’avoir cours légal et perdu tout pouvoir libératoire à partir du 1er janvier 2013.
    Toutefois, ils seront échangés aux guichets de la Banque Centrale de Tunisie jusqu’au 31 décembre 2017 inclus. A l’expiration de ce délai, les billets de banque dont les types sont indiqués ci-dessus et qui n’auront pas été présentés à la Banque Centrale de Tunisie, ne seront plus acceptés à l’échange et leur contre-valeur sera versée au Trésor.
    Les principales caractéristiques de ces billets sont les suivantes :

    ·      Billets de 50 dinars type 2008
    Couleurs dominantes : Vert, violet et bleu
    Dessins :
    - recto : Portrait d’Ibn Rachik, « la cité de la culture »
    - verso : aéroport d’enfidha, pont de Rades

    ·      Billets de 30 dinars type 1997
    Couleurs dominantes : Jaune et marron
    Dessins :
    - recto : Portrait d’Abou El Kacem Chebbi
    - verso : Thèmes agricole et industriel

    ·      Billets de 20 dinars type 1992
    Couleurs dominantes : Mauve et rouge
    Dessins :
    - recto : Portrait de Kheireddine Ettounsi, coupoles de la mosquée de Sidi Mehrez
    - verso : Thèmes agricole et industriel
    Fin de la discussion
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    La mise au pas des rappeurs tunisiens

    La révolte populaire de janvier 2011 en Tunisie a entraîné de profonds changements dans les pratiques culturelles, particulièrement au niveau musical. Ferraillant contre une censure loin d’avoir disparu, les artistes de la scène émergente sont aussi confrontés à la précarité et aux risques de récupération politique. Certains échappent difficilement aux exigences de la visibilité et du conformisme.




    par Thameur Mekki
    Photo : Firas Ben Khelifa - Galerie Elmarsa, Tunis - Dubaï

    L’
    été dernier, Klay BBJ, de son vrai nom Ahmed Ben Ahmed, n’a pas pu chanter son tube No pasaran — une critique virulente (en arabe) du monde politique tunisien après la révolution de janvier 2011 — ni aucun autre de ses raps contestataires. Sa tournée estivale de dix-huit concerts, dont la majorité dans des festivals publics, a été annulée. Les communiqués des syndicats policiers appelant les agents à ne pas assurer la sécurité de ses prestations ont poussé les organisateurs à déprogrammer le rappeur.

    Tout a commencé dimanche 16 juillet, lorsque Klay BBJ s’est produit à Mahdia, dans le centre-est du pays. L’événement fut interrompu quand la police s’est retirée du théâtre de plein air pour protester contre des paroles jugées « offensantes » et « immorales ». « Les agents, raconte l’intéressé, m’ont ensuite agressé ainsi que deux membres de mon équipe. Ils ont aussi crevé les pneus de notre voiture. » Depuis, l’artiste est poursuivi en justice pour diffamation et atteinte à un fonctionnaire public après une plainte déposée par le Syndicat des fonctionnaires de la direction générale des unités d’intervention. « Ce rappeur a touché le fond en s’attaquant aux policiers avec des paroles blessantes », affirme M. Mohamed Sioud, secrétaire général du syndicat de base de l’unité de maintien de l’ordre régional.
    « Ne pas verser de l’huile sur le feu » : c’est ainsi que M. Mohamed Boughalleb, chargé de communication du Festival international de Carthage, également chroniqueur-vedette à la radio et à la télévision, a justifié la décision du comité d’organisation d’annuler le concert de Klay BBJ du 27 juillet dernier, à peine dix jours avant sa tenue. Les résidus de la dictature ont la peau dure, en l’occurrence l’autoritarisme de la police, et semblent primer sur la nouvelle Constitution adoptée en janvier 2014, qui dispose, dans son article 31, que « les libertés d’opinion, de pensée, d’expression, d’information et de publication sont garanties ». Et qu’« aucun contrôle (...)