En été, le Tunisien aime manger à l’extérieur. Devant ce fait, les gargotes, les “ fast-foods ” et les restaurants trouvent dans cette période estivale leurs comptes et l’eldorado promis. Certes, certains plats restent par excellence assimilés à l’été comme le fameux « Lablabi »(« لبلابي », en dialecte tunisien: à consommer le soir) ou lesandwich « lablabi » de Bizerte (« كسكروت لبلابي », en dialecte tunisien) le « Bambalouni »(« بمبالوني », en dialecte tunisien), sa majesté le « Fricassé »(« فريكاسي », en dialecte tunisien),l’indétrônables « Brick » (« البريك », le pluriel de« بريكة »), etc. Mais voilà, ces dernières années, ces aliments ont été presque détrônés par l’omniprésence de plats typiquement orientaux, à l’instar de la « Chawarma »(« الشاورما », en dialecte levantin) les sandwiches libanais et turcs, le sandwich « Makloub » (« المقلوب »: pâte renversée), le « Kebab »(« الكباب », en dialecte oriental), le « Chich taouk »(« الشيش طاووق », en dialecte levantin), etc.
D’autre part, plusieurs de nos concitoyens ont eu la fâcheuse habitude de se rabattre sur d’autres produits “bon marché” toujours à base de farine, par exemple: le « Chapati » (une spécialité du monde indien: Inde, Pakistan, Bangladesh, etc.): on parle désormais de « Chapati tunisien »(« شباتي تونسي », en arabe), voire même du « Chapati de Mahdia » (« شباتي المهدية », en dialecte tunisien).
En parallèle, les “Mlawi” (« الملاوي », en dialecte tunisien) se sont installés dans la culture « Street Food » sous nos cieux: une galette fine, huileuse, cuite sur des plaques métalliques (à l’image de ce qu’on fait avec les crêpes) ou sur un tajine berbère noir de suie et graisseux. Pour un dinar, on casse la croûte avec une galette fourrée d’œufs, et badigeonnée d’harissa. Des mets qui laissent à désirer du point de vue hygiène et apport nutritionnel.
« Mlawi » farcis (Crédit photo: Karim Safi)
Face à ce tsunami gastronomique “ bas de gamme ”qui ne cesse de polluer les traditions culinaires et le plaisir du palais à la tunisienne, un produit local continue de résister. Ce fameux produit typiquement tunisien n’est autre que le célèbre « Plat tunisien »(« صحن تونسي », en dialecte tunisien).
Plaisir, plus apport nutritionnel
Riche en fibres, le plat tunisien, avec des ingrédients à base de légumes frais et crus (concombre, tomates, laitues, oignons, choux (« الكرمب », en dialecte tunisien), olives…), « Slata méchouïa »(« سلاطة مشوية », en dialecte tunisien: salade composée de piments, de tomates et d’ail tous grillés), piments et citrons confits, câpres, pommes de terre et œuf (à la coque) bouillis, de l’harissa et du thon et de l’huile d’olive, offre à ses consommateurs un plaisir avec une empreinte tunisienne sans se dénuer d’un apport nutritionnel.
« Le plat tunisien avec sa richesse en fibres offre amplement ce qu’on attend du slogan: « Manger cinq fruits et légumes par jour ». Dommage que de nos jours, nos compatriotes se sont mis à la mode des plats orientaux à grande concentration en matière grasse et d’acides gras insaturés (facteurs favorisant le cholestérol) où l’hygiène aussi laisse à désirer. Du point de vue sanitaire, à part nos fritures (« brick », « bambalouni » et « ftaïr »), le sandwich et le plat tunisien, et à moindre degré le « lablabi » sont de loin les produits à conseiller pour être consommés en dehors de la maison.”, précise Dr Slim Boussâïdi, nutritionniste.
Question d’identité nationale
En outre, pour plusieurs, le plat tunisien est une fierté nationale et un véritable porte-drapeau de l’identité tunisienne:
“Pour moi, trois fois par semaine, je vais à Belleville pour acheter soit un plat tunisien ou bien un “ kaskrout ” tunisien. Le plat tunisien me rappelle mon enfance en Tunisie. Dans les années 70, à Nabeul, j’étais un fervent consommateur du plat tunisien chez Théodore. Et voilà, manger le plat tunisien à Paris me laisse très proche de mon pays natal. Pour moi, le plat tunisien entretient ma nostalgie et me laisse tout le temps en contact avec les délices de mon pays. ”, fait savoir Taoufik Toumi (52 ans, Tunisien résidant en France).
Plat tunisien de chez El Bahi à Nabeul (Crédit photo: Sabrine Fedoo – Facebook)
Et pourquoi ne pas faire du plat tunisien l’emblème de la cuisine populaire tunisienne? Après tout, son nom l’indique, ce mets nous renvoie vers notre tunisianité…
“En ce qui me concerne, le plat tunisien est le seul produit que je consomme en dehors de ma cuisine. J’en suis un fan et le prendre au petit déjeuner me coupe la faim durant toute la journée. Je pense qu’il n’y a pas mieux qu’un bon plat tunisien avec ses ingrédients tous à base de légumes. Je pense qu’il est temps qu’on fasse du plat tunisien le fleuron de notre cuisine, à l’image des pizzas en Italie et des hamburgers chez les Américains.”., souligne Sofiane Madhi, 37 ans, taxiste.
« Pour faire un bon plat tunisien, il faut que les légumes qu’on va utiliser soient frais. Néanmoins, la qualité du thon utilisé, la façon de diluer l’harissa et surtout la présence de l’huile d’olive sont les facteurs essentiels pour préparer un bon plat tunisien. », déclare le professionnel.
« En plus, ces derniers temps, on a remarqué un certain regain de la consommation de ce plat, vu que plusieurs clients sont devenus de plus en plus conscients des apports nutritionnels de ce produit. Sans oublier qu’avec seulement 3,5 DT, on mange bien, tout en joignant l’utile à l’agréable. », conclut-il.
Décidément, face à l’invasion culinaire qui nous vient de l’Est et les mauvaises habitudes culinaires (« Mlawi » et « Chapati ») qui ne cessent de pulluler dans nos contrées, le « Plat tunisien » continue à faire de la résistance pour le bien de notre santé.
ABDEL AZIZ HALI
Journaliste d'expression française & Blogger, ex-correspondant permanent à partir du siège de l'ONU à New York (Avec le Dag Hammarskjöld Fund for Journalists) & lauréat du Prix « Democracy and social change », lors de la cérémonie annuelle des « Anna Lindh Journalist Awards 2011 » à Monaco.
L'agence américaine de consulting "Mercer, vient de publier son classement des villes où il fait bon vivre. Au niveau du Maghreb, Tunis (114è) arrive en tête du classement, devançant Rabat (117è) et Casablanca (124è).
Dans le trio de tête, on retrouve Vienne (Autriche), Zürich (Suisse) et Auckland (Nouvelle-Zélande). La ville de Vienne a été choisie car elle fournit à ses résidents et expatriés un environnement sécurisé, des transports publics bien structurés et une variété de lieux culturels et de loisirs.
Pour réaliser ce classement, l’entreprise de consulting s’est référée à 39 facteurs classés en 10 catégories : l’environnement politique, économique et socioculturel, les considérations médicales et de santé, l’éducation et les écoles, les services publics et les moyens de transport, les loisirs, les biens de consommation, le logement et enfin l’environnement naturel.
Ce lundi 26 mars 2018, un grand nombre de véhicules a été contrôlé par la police et la garde nationale dans le but de vérifier si l’obligation du port de la ceinture de sécurité à l’arrière est respecté.
Et tous ceux qui ne respectaient pas l’obligation ont été sanctionnés par une contravention de 40 dinars.
Le port de la ceinture de sécurité est devenu obligatoire pour tous les passagers à l’arrière du véhicule conformément au décret-loi entré en vigueur depuis le 27 janvier 2018 et publié au JORT.
Ce décret-loi indique que le port de la ceinture à l’avant de la voiture est entré en vigueur en avril 2017, après sa publication au mois de janvier de la même année. Alors que l’obligation du port de la ceinture à l’arrière est entrée en vigueur un an après.
Ainsi, toute personne contrôlée sans ceinture de sécurité, à l’avant ou à l’arrière, paye une amende de 40 dinars.
Qu’importe ce que vous pensez au sujet des œufs, soyons honnêtes, vous en avez sans doute une boite dans votre réfrigérateur.
Pour moi, manger des œufs chaque matin est une bonne façon de commencer la journée. Pas seulement parce qu’ils ont plutôt bon gout, mais aussi parce que j’ai appris qu’ils apportent de nombreux bienfaits à notre corps. Même moi – grand fan d’œufs je dois d’admettre – ne réalisais pas pleinement à quel point ils étaient utiles.
Après avoir retenu les informations contenues dans l’article ci-dessous cependant, j’ai augmenté ma consommation d’œufs à au moins deux par jour.
Que contiennent les œufs ?
Énormément de choses. Les œufs contiennent de la vitamine A, D et E, ainsi que du B12, de la riboflavine et de la folate. Par-dessus tout, vous y trouverez des minéraux tels que de l’iode, du fer, du calcium, du zinc et du sélénium. Ça en fait beaucoup ! Je sais !
Les œufs et le cholestérol
Vous avez sans doute entendu que les œufs étaient mauvais pour la santé, car ils contiendraient beaucoup de cholestérol ?C’est totalement faux. Il y a très certainement du cholestérol dans les œufs, mais il n’est pas question du très mauvais cholestérol qui intègrerait votre organisme. Vous ne devriez pas vous en faire au sujet du cholestérol contenu dans les œufs, c’est ce qu’indique l’experte en diététique Jennie Nyenvik du site suédois Aftonbladet.
1. Perdre du poids avec les œufs
Des études démontrent qu’un petit déjeuner riche en protéine peut actuellement vous aider à perdre du poids.
Selon les recherches, un régime peu calorique, combiné à une bonne dose régulière d’œufs au petit déjeuner, peut vous aider à perdre du poids deux fois plus vite.
Gardez bien en tête que les œufs peuvent vous donner le sentiment de satiété pendant plus longtemps, ce qui fait qu’ils sont utiles à réduire vos besoins en apport calorique.
2. Les œufs renforcissent le système immunitaire
Étant donné que la plupart des gens sortent à peine de leurs mois d’hiver – ils se retrouvent souvent à éternuer ou tousser au cours des dernières semaines – c’est donc le moment idéal de dire que les œufs peuvent booster votre système immunitaire.
Des études ont démontré que deux œufs uniquement par jour peuvent aider à prévenir les infections mineures, les virus ou des états de maladie en général.
Un œuf contient 22% de notre apport quotidien recommandé en sélénium ; un élément qui est réputé pour renforcir votre système immunitaire.
3. Une meilleure mémoire
Avez-vous déjà entendu parler du Choline, un acide aminé ? Il affecte les cellules nerveuses qui nous aident à nous souvenir des petites choses au quotidien – par exemple : où avez-vous laissé vos clefs ou votre portefeuille ?
Selon les recherches, d’autres apports en choline peuvent améliorer la mémoire et les réflexes.
4. Fait des merveilles pour vos yeux
La lutéine vous aide à avoir une vision claire et nette. De nouvelles recherches ont démontré que les œufs de poulet sont riches en lutéine, et donc bénéfiques pour vos yeux.
La lutéine est produite naturellement par vos yeux, et empêche la rétine de s’abimer.
5. Aide à contrecarrer la dépression
Il peut être difficile d’obtenir de la vitamine D en hiver, avec le soleil qui joue à cache-cache. Cependant, les œufs peuvent en fait vous aider à en obtenir. La vitamine D est, bien entendu, extrêmement utile pour le contrôle du PH de nos dents et pour la force de nos os en général. La vitamine D peut aussi apporter son aide pour traiter la dépression !
6. Renforcit le squelette
Quand vous mangez des œufs, vous avez du calcium, ce qui est important pour renforcir votre squelette et prévenir l’ostéoporose.
7. Bénéfique pour le sang
Les œufs contiennent beaucoup de folate, un type de vitamine B nécessaire pour la formation de nouveaux globules rouges.
Les gens qui ont un déficit de folate courent le risque d’être anémiques. La folate est aussi importante quand il est question du développement du fœtus lors d’une grossesse. C’est bon à savoir pour les futures mamans.
8. Anti-vieillissement
Comme dit précédemment, les œufs contiennent des acides aminés qui aident les cellules à se développer et se régénérer. Cela peut aussi aider à retarder les effets du vieillissement quand il est question de votre apparence.
En vieillissant, nos besoins en vitamine D doublent. 10 microgrammes sont recommandés pour les personnes âgées de plus de 60 ans. Un œuf rapporte au moins 0.7 microgramme.
9. Risques réduits d’arrêt cardiaque
Les chercheurs au Canada ont découvert une relation directe entre la nourriture riche en œufs et la réduction des risques d’accidents cardiovasculaires et certains types de cancer, rapporte Feel Good.
Le secret derrière tout ça ? Les œufs ont deux importants antioxydants : la tryptophane et la tyrosine.
Les gens avec un mauvais niveau de LBD (lipoprotéines de basse densité) ont de plus grandes chances d’avoir un problème au cœur. Apparemment, les œufs peuvent booster le niveau du LBD et de ce fait, réduisent les risques de problèmes au cœur.
10. Génère des muscles
De nombreuses personnes qui cherchent à gagner en masse musculaire choisissent de consommer beaucoup d’œufs – et ils le font pour une bonne raison.
Les œufs sont remplis de protéine, ce qui, bien évidemment, est crucial pour ceux qui souhaitent prendre du volume.
11. Protège la peau, les cheveux et les ongles
Dans ce florilège de propriétés, les œufs contiennent également beaucoup de vitamine B et d’Omega 3. Cela vous aide à maintenir une peau, des cheveux et des ongles en bonne santé.
Je suis persuadée que vous saviez que les œufs vous feraient beaucoup de bien, mais peut-être que maintenant vous verrez les œufs sous un nouveau jour.
Cliquez sur le bouton pour partager ci-dessous, pour que davantage de personnes puissent connaitre les bienfaits des œufs. Avec Pâques qui approche, ne serait-ce pas le meilleur moment pour commencer avec votre nouveau régime à base d’œufs ?
Après une analyse approfondie de l’évolution des agrégats monétaires et des données macroéconomiques, ainsi que des indicateurs avancés de la conjoncture nationale, le Conseil d’Administration de la BCT (Banque centrale de Tunisie) en réunion périodique le 5 mars 2018 a décidé d’augmenter le taux directeur de la BCT de 75 points de base le portant ainsi de 5% à 5,75% l’an.
L’annonce est intervenue le même jour que la publication par l’INS du nouveau chiffre de l’inflation en Tunisie. En février 2018, l’inflation augmentait de 0,2 points, dépassant pour la première fois depuis décembre 2016 le seuil de 7% pour atteindre 7,1 %. Un seuil qui semble avoir inquiété le nouveau gouverneur, dont beaucoup attendaient au contraire une politique monétaire plus expansionniste. Ce qu’aurait découvert Marouane Abassi sur la réalité des fondamentaux économiques de la Tunisie semble en tout cas l’avoir tellement inquiété quant aux perspectives de l’impact sur le pouvoir d’achat et de l’inflation galopante, qu’il décide même de frapper très fort.
On savait que l’ancien Gouverneur Chedli Ayari prévoyait depuis janvier dernier déjà d’augmenter le taux directeur et on s’attendait à une hausse de 25 à un maximum de 50 points de base. Son successeur ira plus loin et plus fort, vers 75 nouveaux points de base d’un seul trait.
Le remède de cheval d’Abassi
A la BCT, on explique que cette action «est décidée pour faire face à des risques réels d’une poursuite de l’inflation en 2018, ayant déjà atteint 7,1% au mois de février contre 4,6% au même mois de l’année 2017 et 5,3% en moyenne en 2017 (…), en relation principalement avec la forte progression de l’indice des prix à la consommation (IPC) en janvier 2018 de 1,1% (contre 0,4% en décembre 2017)».
Et le communiqué du CA de la BCT de rappeler que «en prévision de cette accélération de l’inflation, le Conseil d’Administration a déjà décidé à fin décembre 2017 d’élargir le corridor à 100 points de base de part et d’autre du taux directeur de la BCT, donnant lieu à un taux de facilité de prêt marginal de 6%. Suite à cette action significative sur le corridor, le TMM a augmenté à 5,61% au mois février 2018, ce qui appelle un ajustement du taux directeur en vue d’assurer une cohérence des taux sur le marché monétaire».
Le conseil d’administration de la BCT explique aussi que «un certain nombre d’indicateurs conjoncturels avancés, en particulier l’envolée probable des prix internationaux des produits de base et surtout de l’énergie, prédisent des pressions inflationnistes supplémentaires au cours de la période à venir». Le décor était ainsi planté, pour une institution dont la mission principale est de préserver le pouvoir d’achat des citoyens et de «favoriser les conditions d’une croissance saine dont les prémices commencent à se dessiner en ce début 2018».C’est par tout cela que la BCT motive une «action proactive par le resserrement de la politique monétaire en se basant sur le taux d’intérêt en tant qu’instrument privilégié pour une meilleure allocation des ressources financières».
Réagissant à chaud sur les réseaux sociaux, le commissaire aux comptes Walid Ben Salah fait remarquer que «le communiqué de la BCT ne précise pas si le corridor à 100 points de base décidé en décembre 2017 est maintenu ou non. S’il est maintenu, le TMM pourrait grimper à plus de 6,5% dans les prochains mois». Et la BCT de répondre, de manière certes non officielle, que «s’il n’y a pas de mention contraire, il est maintenu… mais les 100 pts sont une limite, tout dépendra de la demande sur le crédit». Les dés sont ainsi jetés et l’impact de cette hausse de 75 points de base devrait être total.
Ça fait mal et ce n’est pas bon pour les banques
«75 points de base, plus le maintien du corridor de 100 points de base, c’est trop et ça fait mal», estime le spécialiste de salle de change de l’Amen Bank, Hatem Zaara, qui croit expliquer cette 1ère décision après seulement 10 jours à la BCT par le fait que le nouveau dirigeant de l’institution est effrayé par la mauvaise situation économique dont Marouane Abassi aurait pris connaissance de visu. «Je pense que les anticipations n’évoquaient certainement pas un aplatissement de l’inflation dans les prochains mois. Le taux d’enfer est devenu de 6,75 % et le coût du crédit pour les banques, en levée de ressources, va être exorbitant. Cela frappe directement la marge d’intermédiation et ça remet en cause tout le business modèle des banques tunisiennes, uniquement basé sur l’activité de crédit».
Pour l’expert de l’Amen Bank, «ce n’est pas une bonne chose. C’est une décision pour limiter l’accès au crédit à la consommation qui est aujourd’hui une manne pour les banques et il n’est pas exclu qu’on revienne prochainement aux restrictions en matière de crédit à la consommation. Il faut néanmoins dire qu’une telle décision anticipative se veut aussi correctrice des erreurs de politique monétaire des derniers mois». Et Zaara de conclure, amèrement, que «la BCT a joué son rôle, de gardien de l’inflation, mais la mesure est douloureuse. Elle a certainement des arguments très défendables, pour agir de cette manière forte, mais le Gouverneur devrait s’en expliquer publiquement». Cela, selon nos informations, ne saurait tarder.
La politique budgétaire actuelle ne donnait aucune marge de manœuvre !
Comme Zaara, l’expert Achraf Ayadi, expert bancaire et financier résident à Paris, estimait au micro d’Africanmanager que «c’est très probablement une mesure pour ancrer les anticipations, dans un contexte d’inflation forte, voir en accélération. Cependant, l’impact potentiel sur le TMM pourrait rendre les mensualités des emprunteurs particuliers plus onéreuses lorsque les crédits ont été contractés à taux variable. Le financement de la trésorerie des entreprises devient plus cher aussi, ce qui ne manquerait pas d’agripper les projets d’investissement et de pousser les chefs d’entreprises organisés vers l’informel. Il est indispensable de maîtriser notre politique budgétaire et d’avancer plus vite dans l’effort de réformes. La politique monétaire menée par la BCT ne peut pas à elle seule proposer des solutions à tous les problèmes. Il faut assainir l’environnement des affaires, faire revenir la confiance et montrer des résultats tangibles pour les citoyens comme pour les bailleurs de fonds internationaux dont nous dépendons désormais, avec le niveau de devises alarmant qu’est le nôtre. La politique budgétaire actuelle ne donne aucune marge de manœuvre à la politique monétaire».
Pour le DG de la BVMT, Bilel Sahnoun, «si ça limite à surpayer le taux de refinancement des banques auprès de la BCT, cela va certainement réduire l’appétit des banques pour les BTA. Si ça se traduit par un renchérissement du TMM, cela va rendre le crédit plus cher, impacter la consommation et maitriser un peu l’inflation, mais par ricochet réduire aussi l’accès des investisseurs au crédit. Sur la bourse, cela pourrait avoir un impact positif sur le bilan des banques, un secteur qui représente 50 % de la Capitalisation boursière, dont les marges d’intermédiation s’amélioreront. Cela renforcera aussi la concurrence des produits monétaires par rapport au placement sur le marché boursier, avec un effet d’éviction des investisseurs en bourse vers les placements monétaires». Mais peut-être parlait-il en méconnaissance de l’information du maintien du fameux corridor qui, au contraire, érode les marges des banques, selon d’autres analystes. De son côté, le président de la BVMT,
Mourad Ben Chaabane estime, que «une telle décision devrait alléger la pression sur les marges d’intérêts des banques. En termes de retombées boursières, nous pensons que cette hausse aura un effet indirect, avec une orientation des investisseurs encore plus vers les valeurs bancaires notamment, et qui représentent plus de 50% de la capitalisation boursière totale. Normalement chaque relèvement de taux impliquerait une baisse au niveau des actions mais en Tunisie vu la faible dynamique du marché obligataire et notamment secondaire, les investisseurs tunisiens ne font pas cet arbitrage».
Tout sauf l’inflation !
Pour l’homme d’affaire Badreddine Ouali qui disait il y a quelques semaines que la BCT est une prison, «le gouverneur a annoncé la couleur au Parlement. Deux priorités : la balance des paiements (la balle est dans le camp du ministre du Commerce) et l’inflation et là c’est la BCT. D’où la décision logique d’augmenter le taux directeur. C’est indispensable pour le Tunisien qui va faire ses courses et pour qui le coût de la vie flambe. L’inflation est le pire mal que peut connaître une économie. Mais sans une action vigoureuse sur le commerce extérieur, on restera dans la merde ». Et lorsqu’on lui demande si ce qu’il pense est valable même si le coût élevé de l’argent impacte l’investissement et donc la création de l’emploi, l’investisseur qui vient tout récemment de racheter une entreprise anglaise rétorque sans ambages que «C’est vrai. Mais tout sauf l’inflation»
Reste à remarquer que cette nouvelle, mais attendue, mesure monétaire intervient alors que des équipes d’agences de notations internationales sont à Tunis en prévision de la prochaine sortie sur le marché international pour une nouvelle dette. Elle intervient aussi alors que le niveau des réserves en devises chutait à 80 jours et que la Tunisie attend avec fébrilité le déblocage de la 3ème tranche du crédit du FMI. Un lien à faire ?
Une série de fausses pistes risquent d’embarquer la stratégie de santé en Tunisie sur des dérapages préjudiciables. L’excitation des décisionnaires politiques à promettre et lancer de nouveaux hôpitaux, de grandes capacités, partout dans le pays, en est un bel exemple. Encore, plus édifiant, s’agissant de projets qui n’obéissent à aucun critère sérieux quant à la nécessité, la taille et la vocation. D’un autre côté, la frénésie de promoteurs privés à édifier de nouvelles cliniques, sans s’insérer dans une vision globale ou répondre aux vrais besoins d’une médecine nouvelle et d’un autre type de prise en charge des patients, nous interpelle elle aussi. S’obstiner à ne pas regarder la réalité en face, et persister dans des erreurs stratégiques plomberont lourdement le secteur.
J’ai longtemps hésité à partager avec vous mes réflexions sur ces questions. Mais, mon attachement à ce secteur auquel j’ai consacré toute ma vie active depuis mon jeune âge d’étudiant en Médecine, puis toute ma carrière hospiatlo-universaitaire et à présent en libre pratique, m’a incité à ouvrir ce dossier et lancer avec vous le débat indispensable.
Partout dans le monde, on assiste à la fermeture de services hospitaliers et même d’hôpitaux entiers,pour allouer les moyens à d’autres. C’est ainsi qu’en France 10 000 lits d’hôpital ont disparu. La tendance en Tunisie est à l’inverse. On relève, ces dernières années, des annonces quasi-quotidiennes de construction de nouveaux hôpitaux. Ceux qui tiennent ces promesses et oeuvrent à leur réalisation n’ont en fait d’autres scoucis que de plaire aux populations, à certains professionnels ou aux élus. Il ne tiennent nullement compte de la rentabilité, de l’intérêt ou de la dimension appropriées de ces hôpitaux.
Ces trois données fondamentales qui justifient pareils projets, n’ont jamais été rigoureusement évaluées par les décisionnaires. De toute manière, ils savent bien qu’ils ne seront probablement pas en fonction, à la tête du ministère, le jour où il faudra trouver les moyens nécessaires au fonctionnement de ces hôpitaux .
On a ainsi promis à la volée un hôpital à Sfax, à Gafsa, à Kairouan, à Gabès, à Sidi Bouzid et sur le Grand Tunis un nouvel hôpital d’enfants et un nouveau centre de carcinologie, sans compter les dizaines d’hôpitaux régionaux dans presque tous les gouvernorats, parfois à quelques kilomètres les uns des autres.
Pourtant, les expériences malheureuses du passé, nombreuses, sont édifiantes. Ceuxqui sont de ma génération se rappelleront toujours le cas de l’hôpital militaire de Tunis. Initialement conçu pour être un hôpital civil mais une fois prêt, le ministère de la santé s’est rendu compte qu’il était dans l’incapacité de le faire fonctionner et que seuls les militaires ont pu le faire après des effots colossaux. Nombre d’autres hôpitaux ont été construits, mais ont dû rester fermés pendant plusieurs mois, voire quelques années, faute de moyens matériels et humains pour les faire fonctionner.
Il est évident que les besoins dans toutes les régions de l’intérieur sont énormes et que le devoir du pouvoir politique est de rapprocher une offre de soins de qualité à tous les citoyens où qu’ils soient . Cette offre de soins doit, cependant, être faite avec beaucoup de réalisme et éviter le populisme.
Tous les professionnels de la santé ont critiqué la politique qui consiste à distribuer sous la pression des moyens sans que cela corresponde à une politique globale.
L’exemple le plus parlant est celui des scanners de dernières générations et IRM mis dans différents hôpitaux alors que ces hôpitaux ne disposent même pas de radiologues. Les régions de l’intérieur et en particulier les régions défavorisées doivent rester la grande priorité du ministère de la Santé, mais la finalité de toute politique de santé doit être le patient et l’amélioration des soins.
Ce n’est certainement pas en construisant des hôpitaux que l’on va améliorer les soins prodigués aux patients. Pour les Tunisiens, l’important, c’est de trouver le personnel médical et para médical nécessaire pour s’occuper de leur pathologie, les équipements adéquats pour les explorer et assurer leur traitement ainsi que les médicaments indiqués. Constater qu’on a construit un hôpital , souvent avec des crédits étrangers que nous serons amené à rembourser, sans que cela ne se traduise par une meilleure prise en charge de leur état, ne fera qu’accentuer la frustration de nos concitoyens de ces régions.
Factuellement, les chiffres sont têtus. Le taux d’occupation des lits dans les différentes régions du pays, en dehors des CHU, est alarmant. Il avoisine les 25% dans les hôpitaux de circonscription et ne dépasse pas les 45% pour les hôpitaux régionaux. Certes ces chiffres sont expliqués, entre autres facteurs, par le manque de médecins spécialistes dans ces régions, mais est-il judicieux de construire encore plus d’hôpitaux qui resteront vides ? Comment alors faire concorder les ressources humaines existantes et les infrastructures avec les besoins en l’absence d’une vision ? Ceci est d’autant plus difficile que les mutations démographiques, économiques, et culturelles feront que les besoins et les attentes des citoyens sont appelés à évoluer et continueront à le faire, mais vers une demande d’une médecine différente, une médecine de ville, autrement dit une médecine ambulatoire. Le temps des hospitalisations de 10 ou 15 jours dans des services de 60 et 80 lits est révolu. Les services actuels sont plus petits mais dotés de moyens d’exploration et de traitements plus performants.
Les priorités ont changé et il faut l’intégrer. Ceci imposera forcément une redistribution des moyens, toujours insuffisants, vers d’autres structures de santé que l’hôpital. Les moyens doivent être alloués aux équipements, au transport des malades et aux ressources humaines plutôt qu’aux bâtiments .Ne serait-il pas plus judicieux de commencer par améliorer et mettre à niveau les bâtiments existants ?
Les hôpitaux de 300 ou 400 lits ne correspondent plus à nos besoins.Il est clair qu’une approche des questions de santé centrée sur les besoins du citoyen ne passe pas par l’édification d’hôpitaux, elle ne peut qu’être globale et doit tenir compte de l’offre de soins qui existe déjà dans toute la région.
Une frénésie de construction de clinique, sans stratégie. Dans un pays, l’offre de soins relève d’une démarche globale, incluant le développement du secteur privé qui doit faire partie de la donne. En intégrant les projets en cours de construction, on estime que le nombre de lits dans le secteur privé va passer à 12.500 , alors qu’il n’était que de 5000 lits en 2014. On assiste depuis 2015 à une course effrénée à la construction de nouvelles cliniques. L’absence de stratégie, la libération de l’acquisition des équipements lourds, qui étaient jusque-là soumis à des normes expliquent en partie cette inflation. Fonder une stratégie sur le malheur actuel de nos voisins, surtout libyens, me semble être dangereux et on peut le comparer aux problèmes des différentes unités touristiques qui sont confrontées à des difficultés économiques importantes qui ont obligé l’Etat à intervenir.
Plutôt des maisons de repos que des hôpitaux. La médecine d’aujourd’hui nous pousse à allouer les ressources vers des plateaux techniques performants, vers la prévention, vers les personnes agées. On a plus besoin de maisons de repos et de centres de réhabilitation que de nouveaux lits d’hôpital.
De vieux logiciels de décision, obsolètes. A l’heure où nous mettons en œuvre la réforme de médecine de famille, il est inconséquent de continuer à raisonner de la même façon que dans les années 80. L’hospitalo-centrisme a fait des dégâts énormes à tous les systèmes de santé qui n’y ont pas pris garde. Pour mémoire et à l’heure où l’on ne parle pèle mêle que de déterminants sociaux de la santé, d’augmentation de l’espérance de vie, de couverture médicale universelle et bien sûr de déficits de la CNAM, nous constatons que le budget consacré à toutes les formes de prévention chez nous ne dépasse pas 4.5% ! Ce n’est pas avec ces nouveaux projets d’hôpitaux que les choses changeront dans le bon sens, sauf à consacrer 20% du PIB à la santé, ce qui n’est pas évidemment réaliste.
Le plus important n’est pas de construire des hôpitaux. Il est impératif de réaliser que l’édification d’un hôpital et son équipement sont la partie la plus facile du projet (d’ailleurs une bonne partie du financement de ces projets vient de l’étranger) ! Les exemples ne manquent pas, le budget de fonctionnement d’un hôpital à très court terme peut devenir problématique, il n’y a qu’à voir l’endettement de nos hôpitaux estimé à plus de 260 milliards. Les conséquences de ces déficits sur toutes les structures sont énormes, l’exemple de la Pharmacie Centrale nous vient immédiatement à l’esprit. Une entreprise qui a toutes les chances de faire des bénéfices mais, faute d’être payée par les structures publiques ( hôpitaux , centres de santé de base mais aussi CNAM dont les dettes auprés de la PCT dépassent 700 milliards), elle pourrait se retouver dans l’incapacité de payer ses fournisseurs avec un risque pour la disponibilité des médicaments aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé.
Ces quelques lignes n’évoquent qu’une toute petite partie des problèmes de la santé. C’est leurs coûts exorbitants et la nécessité de prendre des mesures urgentes avant qu’il ne soit trop tard qui me poussent à les évoquer maintenant.