Radiotunisiamed

    mardi 27 mars 2018

    Qualité de vie : Tunis, meilleure ville au Maghreb où il fait bon vivre


    L'agence américaine de consulting "Mercer, vient de publier son classement des villes où il fait bon vivre. Au niveau du Maghreb, Tunis (114è) arrive en tête du classement, devançant Rabat (117è) et Casablanca (124è).
    Dans le trio de tête, on retrouve Vienne (Autriche), Zürich (Suisse) et Auckland (Nouvelle-Zélande). La ville de Vienne a été choisie car elle fournit à ses résidents et expatriés un environnement sécurisé, des transports publics bien structurés et une variété de lieux culturels et de loisirs.
    Pour réaliser ce classement, l’entreprise de consulting s’est référée à 39 facteurs classés en 10 catégories : l’environnement politique, économique et socioculturel, les considérations médicales et de santé, l’éducation et les écoles, les services publics et les moyens de transport, les loisirs, les biens de consommation, le logement et enfin l’environnement naturel.

    Tunisie : Contravention de 40 dinars pour les passagers sans ceinture de sécurité à l’arrière

    Ce lundi 26 mars 2018, un grand nombre de véhicules a été contrôlé par la police et la garde nationale dans le but de vérifier si l’obligation du port de la ceinture de sécurité à l’arrière est respecté.
    Et tous ceux qui ne respectaient pas l’obligation ont été sanctionnés par une contravention de 40 dinars.
    Le port de la ceinture de sécurité est devenu obligatoire pour tous les passagers à l’arrière du véhicule conformément au décret-loi entré en vigueur depuis le 27 janvier 2018 et publié au JORT.
    Ce décret-loi indique que le port de la ceinture à l’avant de la voiture est entré en vigueur en avril 2017, après sa publication au mois de janvier de la même année. Alors que l’obligation du port de la ceinture à l’arrière est entrée en vigueur un an après.
    Ainsi, toute personne contrôlée sans ceinture de sécurité, à l’avant ou à l’arrière, paye une amende de 40 dinars.

    jeudi 22 mars 2018

    ce qui se passe à votre corps si vous mangez deux œufs par jour


    Qu’importe ce que vous pensez au sujet des œufs, soyons honnêtes, vous en avez sans doute une boite dans votre réfrigérateur.
    Pour moi, manger des œufs chaque matin est une bonne façon de commencer la journée. Pas seulement parce qu’ils ont plutôt bon gout, mais aussi parce que j’ai appris qu’ils apportent de nombreux bienfaits à notre corps. Même moi – grand fan d’œufs je dois d’admettre – ne réalisais pas pleinement à quel point ils étaient utiles.
    Après avoir retenu les informations contenues dans l’article ci-dessous cependant, j’ai augmenté ma consommation d’œufs à au moins deux par jour.
     Que contiennent les œufs ?
     Énormément de choses. Les œufs contiennent de la vitamine A, D et E, ainsi que du B12, de la riboflavine et de la folate. Par-dessus tout, vous y trouverez des minéraux tels que de l’iode, du fer, du calcium, du zinc et du sélénium. Ça en fait beaucoup ! Je sais !
    Les œufs et le cholestérol
    Vous avez sans doute entendu que les œufs étaient mauvais pour la santé, car ils contiendraient beaucoup de cholestérol ?C’est totalement faux. Il y a très certainement du cholestérol dans les œufs, mais il n’est pas question du très mauvais cholestérol qui intègrerait votre organisme. Vous ne devriez pas vous en faire au sujet du cholestérol contenu dans les œufs, c’est ce qu’indique l’experte en diététique Jennie Nyenvik du site suédois Aftonbladet.
    1. Perdre du poids avec les œufs
    Des études démontrent qu’un petit déjeuner riche en protéine peut actuellement vous aider à perdre du poids.
    Selon les recherches, un régime peu calorique, combiné à une bonne dose régulière d’œufs au petit déjeuner, peut vous aider à perdre du poids deux fois plus vite.
    Gardez bien en tête que les œufs peuvent vous donner le sentiment de satiété pendant plus longtemps, ce qui fait qu’ils sont utiles à réduire vos besoins en apport calorique.
    2. Les œufs renforcissent le système immunitaire
    Étant donné que la plupart des gens sortent à peine de leurs mois d’hiver – ils se retrouvent souvent à éternuer ou tousser au cours des dernières semaines – c’est donc le moment idéal de dire que les œufs peuvent booster votre système immunitaire.
    Des études ont démontré que deux œufs uniquement par jour peuvent aider à prévenir les infections mineures, les virus ou des états de maladie en général.
    Un œuf contient 22% de notre apport quotidien recommandé en sélénium ; un élément qui est réputé pour renforcir votre système immunitaire.
    3. Une meilleure mémoire
    Avez-vous déjà entendu parler du Choline, un acide aminé ? Il affecte les cellules nerveuses qui nous aident à nous souvenir des petites choses au quotidien – par exemple : où avez-vous laissé vos clefs ou votre portefeuille ?
    Selon les recherches, d’autres apports en choline peuvent améliorer la mémoire et les réflexes.
    4. Fait des merveilles pour vos yeux
    La lutéine vous aide à avoir une vision claire et nette. De nouvelles recherches ont démontré que les œufs de poulet sont riches en lutéine, et donc bénéfiques pour vos yeux.
    La lutéine est produite naturellement par vos yeux, et empêche la rétine de s’abimer.
    5. Aide à contrecarrer la dépression
    Il peut être difficile d’obtenir de la vitamine D en hiver, avec le soleil qui joue à cache-cache. Cependant, les œufs peuvent en fait vous aider à en obtenir. La vitamine D est, bien entendu, extrêmement utile pour le contrôle du PH de nos dents et pour la force de nos os en général. La vitamine D peut aussi apporter son aide pour traiter la dépression !
    6. Renforcit le squelette
    Quand vous mangez des œufs, vous avez du calcium, ce qui est important pour renforcir votre squelette et prévenir l’ostéoporose.
    7. Bénéfique pour le sang
    Les œufs contiennent beaucoup de folate, un type de vitamine B nécessaire pour la formation de nouveaux globules rouges.
    Les gens qui ont un déficit de folate courent le risque d’être anémiques. La folate est aussi importante quand il est question du développement du fœtus lors d’une grossesse. C’est bon à savoir pour les futures mamans.
    8. Anti-vieillissement
    Comme dit précédemment, les œufs contiennent des acides aminés qui aident les cellules à se développer et se régénérer. Cela peut aussi aider à retarder les effets du vieillissement quand il est question de votre apparence.
    En vieillissant, nos besoins en vitamine D doublent. 10 microgrammes sont recommandés pour les personnes âgées de plus de 60 ans. Un œuf rapporte au moins 0.7 microgramme.
    9. Risques réduits d’arrêt cardiaque
    Les chercheurs au Canada ont découvert une relation directe entre la nourriture riche en œufs et la réduction des risques d’accidents cardiovasculaires et certains types de cancer, rapporte Feel Good.
    Le secret derrière tout ça ? Les œufs ont deux importants antioxydants : la tryptophane et la tyrosine.
    Les gens avec un mauvais niveau de LBD (lipoprotéines de basse densité) ont de plus grandes chances d’avoir un problème au cœur. Apparemment, les œufs peuvent booster le niveau du LBD et de ce fait, réduisent les risques de problèmes au cœur.
    10. Génère des muscles
    De nombreuses personnes qui cherchent à gagner en masse musculaire choisissent de consommer beaucoup d’œufs – et ils le font pour une bonne raison.
    Les œufs sont remplis de protéine, ce qui, bien évidemment, est crucial pour ceux qui souhaitent prendre du volume.
    11. Protège la peau, les cheveux et les ongles
    Dans ce florilège de propriétés, les œufs contiennent également beaucoup de vitamine B et d’Omega 3. Cela vous aide à maintenir une peau, des cheveux et des ongles en bonne santé.
    Je suis persuadée que vous saviez que les œufs vous feraient beaucoup de bien, mais peut-être que maintenant vous verrez les œufs sous un nouveau jour.
    Cliquez sur le bouton pour partager ci-dessous, pour que davantage de personnes puissent connaitre les bienfaits des œufs. Avec Pâques qui approche, ne serait-ce pas le meilleur moment pour commencer avec votre nouveau régime à base d’œufs ?

    mercredi 7 mars 2018

    10 jours après son entrée à la BCT, il frappe fort, très fort et ça fait mal !

    Après une analyse approfondie de l’évolution des agrégats monétaires et des données macroéconomiques, ainsi que des indicateurs avancés de la conjoncture nationale, le Conseil d’Administration de la BCT (Banque centrale de Tunisie) en réunion périodique le 5 mars 2018 a décidé d’augmenter le taux directeur de la BCT de 75 points de base le portant ainsi de 5% à 5,75% l’an.
    L’annonce est intervenue le même jour que la publication par l’INS du nouveau chiffre de l’inflation en Tunisie. En février 2018, l’inflation augmentait de 0,2 points, dépassant pour la première fois depuis décembre 2016 le seuil de 7% pour atteindre 7,1 %. Un seuil qui semble avoir inquiété le nouveau gouverneur, dont beaucoup attendaient au contraire une politique monétaire plus expansionniste. Ce qu’aurait découvert Marouane Abassi sur la réalité des fondamentaux économiques de la Tunisie semble en tout cas l’avoir tellement inquiété quant aux perspectives de l’impact sur le pouvoir d’achat et de l’inflation galopante, qu’il décide même de frapper très fort.
    On savait que l’ancien Gouverneur Chedli Ayari prévoyait depuis janvier dernier déjà d’augmenter le taux directeur et on s’attendait à une hausse de 25 à un maximum de 50 points de base. Son successeur ira plus loin et plus fort, vers 75 nouveaux points de base d’un seul trait.
    •  Le remède de cheval d’Abassi
    A la BCT, on explique que cette action «est décidée pour faire face à des risques réels d’une poursuite de l’inflation en 2018, ayant déjà atteint 7,1% au mois de février contre 4,6% au même mois de l’année 2017 et 5,3% en moyenne en 2017 (…), en relation principalement avec la forte progression de l’indice des prix à la consommation (IPC) en janvier 2018 de 1,1% (contre 0,4% en décembre 2017)».
    Et le communiqué du CA de la BCT de rappeler que «en prévision de cette accélération de l’inflation, le Conseil d’Administration a déjà décidé à fin décembre 2017 d’élargir le corridor à 100 points de base de part et d’autre du taux directeur de la BCT, donnant lieu à un taux de facilité de prêt marginal de 6%. Suite à cette action significative sur le corridor, le TMM a augmenté à 5,61% au mois février 2018, ce qui appelle un ajustement du taux directeur en vue d’assurer une cohérence des taux sur le marché monétaire».
    Le conseil d’administration de la BCT explique aussi que «un certain nombre d’indicateurs conjoncturels avancés, en particulier l’envolée probable des prix internationaux des produits de base et surtout de l’énergie, prédisent des pressions inflationnistes supplémentaires au cours de la période à venir». Le décor était ainsi planté, pour une institution dont la mission principale est de préserver le pouvoir d’achat des citoyens et de «favoriser les conditions d’une croissance saine dont les prémices commencent à se dessiner en ce début 2018».C’est par tout cela que la BCT motive une «action proactive par le resserrement de la politique monétaire en se basant sur le taux d’intérêt en tant qu’instrument privilégié pour une meilleure allocation des ressources financières».
    Réagissant à chaud sur les réseaux sociaux, le commissaire aux comptes Walid Ben Salah fait remarquer que «le communiqué de la BCT ne précise pas si le corridor à 100 points de base décidé en décembre 2017 est maintenu ou non. S’il est maintenu, le TMM pourrait grimper à plus de 6,5% dans les prochains mois». Et la BCT de répondre, de manière certes non officielle, que «s’il n’y a pas de mention contraire, il est maintenu… mais les 100 pts sont une limite, tout dépendra de la demande sur le crédit». Les dés sont ainsi jetés et l’impact de cette hausse de 75 points de base devrait être total.
    • Ça fait mal et ce n’est pas bon pour les banques
    «75 points de base, plus le maintien du corridor de 100 points de base, c’est trop et ça fait mal», estime le spécialiste de salle de change de l’Amen Bank, Hatem Zaara, qui croit expliquer cette 1ère décision après seulement 10 jours à la BCT par le fait que le nouveau dirigeant de l’institution est effrayé par la mauvaise situation économique dont Marouane Abassi aurait pris connaissance de visu. «Je pense que les anticipations n’évoquaient certainement pas un aplatissement de l’inflation dans les prochains mois. Le taux d’enfer est devenu de 6,75 % et le coût du crédit pour les banques, en levée de ressources, va être exorbitant. Cela frappe directement la marge d’intermédiation et ça remet en cause tout le business modèle des banques tunisiennes, uniquement basé sur l’activité de crédit».
    Pour l’expert de l’Amen Bank, «ce n’est pas une bonne chose. C’est une décision pour limiter l’accès au crédit à la consommation qui est aujourd’hui une manne pour les banques et il n’est pas exclu qu’on revienne prochainement aux restrictions en matière de crédit à la consommation. Il faut néanmoins dire qu’une telle décision anticipative se veut aussi correctrice des erreurs de politique monétaire des derniers mois». Et Zaara de conclure, amèrement, que «la BCT a joué son rôle, de gardien de l’inflation, mais la mesure est douloureuse. Elle a certainement des arguments très défendables, pour agir de cette manière forte, mais le Gouverneur devrait s’en expliquer publiquement». Cela, selon nos informations, ne saurait tarder.
    • La politique budgétaire actuelle ne donnait aucune marge de manœuvre !
    Comme Zaara, l’expert Achraf Ayadi, expert bancaire et financier résident à Paris, estimait au micro d’Africanmanager que «c’est très probablement une mesure pour ancrer les anticipations, dans un contexte d’inflation forte, voir en accélération. Cependant, l’impact potentiel sur le TMM pourrait rendre les mensualités des emprunteurs particuliers plus onéreuses lorsque les crédits ont été contractés à taux variable. Le financement de la trésorerie des entreprises devient plus cher aussi, ce qui ne manquerait pas d’agripper les projets d’investissement et de pousser les chefs d’entreprises organisés vers l’informel. Il est indispensable de maîtriser notre politique budgétaire et d’avancer plus vite dans l’effort de réformes. La politique monétaire menée par la BCT ne peut pas à elle seule proposer des solutions à tous les problèmes. Il faut assainir l’environnement des affaires, faire revenir la confiance et montrer des résultats tangibles pour les citoyens comme pour les bailleurs de fonds internationaux dont nous dépendons désormais, avec le niveau de devises alarmant qu’est le nôtre. La politique budgétaire actuelle ne donne aucune marge de manœuvre à la politique monétaire».
    Pour le DG de la BVMT, Bilel Sahnoun, «si ça limite à surpayer le taux de refinancement des banques auprès de la BCT, cela va certainement réduire l’appétit des banques pour les BTA. Si ça se traduit par un renchérissement du TMM, cela va rendre le crédit plus cher, impacter la consommation et maitriser un peu l’inflation, mais par ricochet réduire aussi l’accès des investisseurs au crédit. Sur la bourse, cela pourrait avoir un impact positif sur le bilan des banques, un secteur qui représente 50 % de la Capitalisation boursière, dont les marges d’intermédiation s’amélioreront. Cela renforcera aussi la concurrence des produits monétaires par rapport au placement sur le marché boursier, avec un effet d’éviction des investisseurs en bourse vers les placements monétaires». Mais peut-être parlait-il en méconnaissance de l’information du maintien du fameux corridor qui, au contraire, érode les marges des banques, selon d’autres analystes. De son côté, le président de la BVMT,
    Mourad Ben Chaabane estime, que «une telle décision devrait alléger la pression sur les marges d’intérêts des banques. En termes de retombées boursières, nous pensons que cette hausse aura un effet indirect, avec une orientation des investisseurs encore plus vers les valeurs bancaires notamment, et qui représentent plus de 50% de la capitalisation boursière totale. Normalement chaque relèvement de taux impliquerait une baisse au niveau des actions mais en Tunisie vu la faible dynamique du marché obligataire et notamment secondaire, les investisseurs tunisiens ne font pas cet arbitrage».
    •  Tout sauf l’inflation !
    Pour l’homme d’affaire Badreddine Ouali qui disait il y a quelques semaines que la BCT est une prison, «le gouverneur a annoncé la couleur au Parlement. Deux priorités : la balance des paiements (la balle est dans le camp du ministre du Commerce) et l’inflation et là c’est la BCT. D’où la décision logique d’augmenter le taux directeur. C’est indispensable pour le Tunisien qui va faire ses courses et pour qui le coût de la vie flambe. L’inflation est le pire mal que peut connaître une économie. Mais sans une action vigoureuse sur le commerce extérieur, on restera dans la merde ». Et lorsqu’on lui demande si ce qu’il pense est valable même si le coût élevé de l’argent impacte l’investissement et donc la création de l’emploi, l’investisseur qui vient tout récemment de racheter une entreprise anglaise rétorque sans ambages que «C’est vrai. Mais tout sauf l’inflation»
    Reste à remarquer que cette nouvelle, mais attendue, mesure monétaire intervient alors que des équipes d’agences de notations internationales sont à Tunis en prévision de la prochaine sortie sur le marché international pour une nouvelle dette. Elle intervient aussi alors que le niveau des réserves en devises chutait à 80 jours et que la Tunisie attend avec fébrilité le déblocage de la 3ème tranche du crédit du FMI. Un lien à faire ?

    lundi 5 février 2018

    Dr Slaheddine Sellami - Nouveaux hôpitaux, nouvelles cliniques : les fausses pistes de la politique de santé en Tunisie

    Dr Slaheddine Sellami - Nouveaux hôpitaux, nouvelles cliniques : les fausses pistes de la politique de santé en Tunisie
    Une série de fausses pistes risquent d’embarquer la stratégie de santé en Tunisie sur des dérapages préjudiciables. L’excitation des décisionnaires politiques à promettre et lancer de nouveaux hôpitaux, de grandes capacités, partout dans le pays, en est un bel exemple. Encore, plus édifiant, s’agissant de projets qui n’obéissent à aucun critère sérieux quant à la nécessité, la taille et la vocation. D’un autre côté, la frénésie de promoteurs privés à édifier de nouvelles cliniques, sans s’insérer dans une vision globale ou répondre aux vrais besoins d’une médecine nouvelle et d’un autre type de prise en charge des patients, nous interpelle elle aussi. S’obstiner à ne pas regarder la réalité en face, et persister dans des erreurs stratégiques plomberont lourdement le secteur.
    J’ai longtemps hésité à partager avec vous mes réflexions sur ces questions. Mais, mon attachement à ce secteur auquel j’ai consacré toute ma vie active depuis mon jeune âge d’étudiant en Médecine, puis toute ma carrière hospiatlo-universaitaire et à présent en libre pratique, m’a incité à ouvrir ce dossier et lancer avec vous le débat indispensable.
    Partout dans le monde, on assiste à la fermeture de services hospitaliers et même d’hôpitaux entiers, pour allouer les moyens à d’autres. C’est ainsi qu’en France 10 000 lits d’hôpital ont disparu. La tendance en Tunisie est à l’inverse. On relève, ces dernières années, des annonces quasi-quotidiennes de construction de nouveaux hôpitaux. Ceux qui tiennent ces promesses et oeuvrent à leur réalisation n’ont en fait d’autres scoucis que de plaire aux populations, à certains professionnels ou aux élus. Il ne tiennent nullement compte de la rentabilité, de l’intérêt ou de la dimension appropriées de ces hôpitaux. 
    Ces trois données fondamentales qui justifient pareils projets, n’ont jamais été rigoureusement évaluées par les décisionnaires. De toute manière, ils savent bien qu’ils ne seront probablement pas en fonction, à la tête du ministère, le jour où il faudra trouver les moyens nécessaires au fonctionnement de ces hôpitaux . 
    On a ainsi promis à la volée un hôpital à Sfax, à Gafsa, à Kairouan, à Gabès, à Sidi Bouzid et sur le Grand Tunis un nouvel hôpital d’enfants et un nouveau centre de carcinologie, sans compter les dizaines d’hôpitaux régionaux dans presque tous les gouvernorats, parfois à quelques kilomètres les uns des autres.
    Pourtant, les expériences malheureuses du passé, nombreuses, sont édifiantes. Ceuxqui sont de ma génération se rappelleront toujours le cas de l’hôpital militaire de Tunis. Initialement conçu pour être un hôpital civil mais une fois prêt, le ministère de la santé s’est rendu compte qu’il était dans l’incapacité de le faire fonctionner et que seuls les militaires ont pu le faire après des effots colossaux. Nombre d’autres hôpitaux ont été construits, mais ont dû rester fermés pendant plusieurs mois, voire quelques années, faute de moyens matériels et humains pour les faire fonctionner. 
    Il est évident que les besoins dans toutes les régions de l’intérieur sont énormes et que le devoir du pouvoir politique est de rapprocher une offre de soins de qualité à tous les citoyens où qu’ils soient . Cette offre de soins doit, cependant, être faite avec beaucoup de réalisme et éviter le populisme. 
    Tous les professionnels de la santé ont critiqué la politique qui consiste à distribuer sous la pression des moyens sans que cela corresponde à une politique globale.
    L’exemple le plus parlant est celui des scanners de dernières générations et IRM mis dans différents hôpitaux alors que ces hôpitaux ne disposent même pas de radiologues. Les régions de l’intérieur et en particulier les régions défavorisées doivent rester la grande priorité du ministère de la Santé, mais la finalité de toute politique de santé doit être le patient et l’amélioration des soins. 
    Ce n’est certainement pas en construisant des hôpitaux que l’on va améliorer les soins prodigués aux patients. Pour les Tunisiens, l’important, c’est de trouver le personnel médical et para médical nécessaire pour s’occuper de leur pathologie, les équipements adéquats pour les explorer et assurer leur traitement ainsi que les médicaments indiqués. Constater qu’on a construit un hôpital , souvent avec des crédits étrangers que nous serons amené à rembourser, sans que cela ne se traduise par une meilleure prise en charge de leur état, ne fera qu’accentuer la frustration de nos concitoyens de ces régions.
    Factuellement, les chiffres sont têtus. Le taux d’occupation des lits dans les différentes régions du pays, en dehors des CHU, est alarmant. Il avoisine les 25% dans les hôpitaux de circonscription et ne dépasse pas les 45% pour les hôpitaux régionaux. Certes ces chiffres sont expliqués, entre autres facteurs, par le manque de médecins spécialistes dans ces régions, mais est-il judicieux de construire encore plus d’hôpitaux qui resteront vides ? Comment alors faire concorder les ressources humaines existantes et les infrastructures avec les besoins en l’absence d’une vision ? Ceci est d’autant plus difficile que les mutations démographiques, économiques, et culturelles feront que les besoins et les attentes des citoyens sont appelés à évoluer et continueront à le faire, mais vers une demande d’une médecine différente, une médecine de ville, autrement dit une médecine ambulatoire. Le temps des hospitalisations de 10 ou 15 jours dans des services de 60 et 80 lits est révolu. Les services actuels sont plus petits mais dotés de moyens d’exploration et de traitements plus performants. 
    Les priorités ont changé et il faut l’intégrer. Ceci imposera forcément une redistribution des moyens, toujours insuffisants, vers d’autres structures de santé que l’hôpital. Les moyens doivent être alloués aux équipements, au transport des malades et aux ressources humaines plutôt qu’aux bâtiments .Ne serait-il pas plus judicieux de commencer par améliorer et mettre à niveau les bâtiments existants ? 
    Les hôpitaux de 300 ou 400 lits ne correspondent plus à nos besoins. Il est clair qu’une approche des questions de santé centrée sur les besoins du citoyen ne passe pas par l’édification d’hôpitaux, elle ne peut qu’être globale et doit tenir compte de l’offre de soins qui existe déjà dans toute la région.
    Une frénésie de construction de clinique, sans stratégie. Dans un pays, l’offre de soins relève d’une démarche globale, incluant le développement du secteur privé qui doit faire partie de la donne. En intégrant les projets en cours de construction, on estime que le nombre de lits dans le secteur privé va passer à 12.500 , alors qu’il n’était que de 5000 lits en 2014. On assiste depuis 2015 à une course effrénée à la construction de nouvelles cliniques. L’absence de stratégie, la libération de l’acquisition des équipements lourds, qui étaient jusque-là soumis à des normes expliquent en partie cette inflation. Fonder une stratégie sur le malheur actuel de nos voisins, surtout libyens, me semble être dangereux et on peut le comparer aux problèmes des différentes unités touristiques qui sont confrontées à des difficultés économiques importantes qui ont obligé l’Etat à intervenir. 
    Plutôt des maisons de repos que des hôpitaux. La médecine d’aujourd’hui nous pousse à allouer les ressources vers des plateaux techniques performants, vers la prévention, vers les personnes agées. On a plus besoin de maisons de repos et de centres de réhabilitation que de nouveaux lits d’hôpital.
    De vieux logiciels de décision, obsolètes. A l’heure où nous mettons en œuvre la réforme de médecine de famille, il est inconséquent de continuer à raisonner de la même façon que dans les années 80. L’hospitalo-centrisme a fait des dégâts énormes à tous les systèmes de santé qui n’y ont pas pris garde. Pour mémoire et à l’heure où l’on ne parle pèle mêle que de déterminants sociaux de la santé, d’augmentation de l’espérance de vie, de couverture médicale universelle et bien sûr de déficits de la CNAM, nous constatons que le budget consacré à toutes les formes de prévention chez nous ne dépasse pas 4.5% ! Ce n’est pas avec ces nouveaux projets d’hôpitaux que les choses changeront dans le bon sens, sauf à consacrer 20% du PIB à la santé, ce qui n’est pas évidemment réaliste.
    Le plus important n’est pas de construire des hôpitaux. Il est impératif de réaliser que l’édification d’un hôpital et son équipement sont la partie la plus facile du projet (d’ailleurs une bonne partie du financement de ces projets vient de l’étranger) ! Les exemples ne manquent pas, le budget de fonctionnement d’un hôpital à très court terme peut devenir problématique, il n’y a qu’à voir l’endettement de nos hôpitaux  estimé à plus de 260 milliards. Les conséquences de ces déficits sur toutes les structures sont énormes, l’exemple de la Pharmacie Centrale nous vient immédiatement à l’esprit. Une entreprise qui a toutes les chances de faire des bénéfices mais, faute d’être payée par les structures publiques ( hôpitaux , centres de santé de base mais aussi CNAM dont les dettes auprés de la PCT dépassent 700 milliards), elle pourrait se retouver dans l’incapacité de payer ses fournisseurs avec un risque pour la disponibilité des médicaments aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé. 
    Ces quelques lignes n’évoquent qu’une toute petite partie des problèmes de la santé. C’est leurs coûts exorbitants et la nécessité de prendre des mesures urgentes avant qu’il ne soit trop tard qui me poussent à les évoquer maintenant.
    Dr Slaheddine Sellami

    Pour le magazine britannique The Economist, l'UGTT empêche la Tunisie d'avancer

    UGTT

     |  Par
    "L'Union Générale Tunisienne du Travail, prix Nobel de la paix, empêche la Tunisie d'avancer", tel a été le titre d'un article publié par le magazine britannique The Economist.
    Dépeignant l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) comme un organisme jouant un rôle majeur dans la vie politique tunisienne, notamment par sa participation dans la lutte pour l'indépendance, dans la chute du régime Ben Ali, ou encore par sa médiation lors de la crise de 2013 qui lui a valu le prix Nobel de la paix, The Economist estime néanmoins que l'UGTT est également au cœur des problèmes économiques de la Tunisie.
    Selon l'article, elle représenterait l'un des plus grands freins à la croissance du pays, principalement à cause de la bureaucratie qu'elle soutient. The Economist parle d'ailleurs de la vague de recrutement dans la fonction publique, survenue après la révolution, qui avait engendré une masse salariale représentant près de 14% du PIB, parmi les pourcentages les plus élevés au monde.
    Toujours selon le magazine britannique, l'UGTT se serait battue contre les tentatives de réduction des dépenses du gouvernement, appelant souvent la privatisation des institutions comme "une ligne rouge" selon The Economist. Il estime également que cette politique aurait nuit au pays souvent en proie à des grèves et des protestations, dans une période où une union nationale s'impose.
    Ces appels à la grève, The Economist en cite plus d'un; notamment l'appel en 2013 à des manifestations anti-gouvernementales, la fermeture en 2016 du service postal durant plusieurs jours pour protester contre la façon avec laquelle un fonctionnaire aurait été traité, ou encore les menaces en décembre dernier qui avaient forcé le gouvernement à abandonner le gel des salaires dans le secteur public en 2017.
    The Economist estime que les syndicats sont particulièrement puissants dans les régions intérieures de la Tunisie. Il prend l'exemple de la région de Gafsa, centre de l'industrie du phosphate.
    "La Tunisie était autrefois le cinquième plus grand exportateur de phosphate. Après la révolution, les syndicats ont appelé à la grève et exigé plus d'emplois. Ainsi, l'usine de Gafsa avait embauché 2500 nouveaux employés en l'espace de 3 ans, ce qui a fait augmenter l'effectif de 51%. Mais les grèves se sont poursuivies et la production est passée de 8 millions de tonnes en 2010 à seulement 3,3 millions en 2013. L'industrie n'a pas encore récupéré" lit-on dans l'article.
    Selon The Economist, les dirigeants syndicaux soutiennent les protestations car ils estiment que sans les grèves, le gouvernement continuerait à négliger les régions intérieures, citant le secrétaire général de l'UGTT, Noureddine Tabboubi, qui aurait déclaré: "Nous sommes devenus un exportateur du terrorisme. Quelque 6000 Tunisiens ont rejoint Daesh. Beaucoup d'entre eux viennent des mêmes régions pauvres qui s'étaient sont soulevées contre la dictature de Ben Ali".
    S'agissant de l'engagement du gouvernement tunisien envers les exigences du FMI par rapport à la réduction de la masse salariale dans la fonction publique, le magazine revient sur l'échec des réformes entreprises, qualifiant le taux cible qui est de 12% du PIB, de "toujours aussi élevé, et impossible à réaliser".
    Mais pour le magazine britannique, l'UGTT a prouvé qu'elle peut faire preuve de pragmatisme. Selon The Economist, l'un des plus gros handicaps budgétaires de la Tunisie est le système de retraite, qui affiche un déficit de 1,1 milliard de dinars, soit 65% de plus qu'il y a deux ans. Des réformes "timides" avaient été effectuées par les différents gouvernements, notamment la proposition de faire passer l'âge de la retraite de 60 à 62 ans, chose que l'UGTT avait toujours refusé. "Mais en octobre, leur résistance à cette réforme a reculé" lit-on dans l'article du magazine, citant par l'occasion le conseiller économique du chef du gouvernement, Lotfi Ben Sassi qui aurait déclaré à propos de l'UGTT: "Quand ils ont l'occasion, ils mettent la pression au gouvernement, mais là, ils reconnaissent le problème que pose le système de retraite. La Tunisie a souvent besoin d'eux".
    L'article parle aussi de la persécution régulière dont aurait été victime l'UGTTpendant les 54 ans qui avaient suivi l'indépendance, estimant que celle-ci est néanmoins restée influente dans la politique tunisienne.
    Il revient également sur les événements de Tataouine (El-Kamour) et la population locale qui pense que leur ville devrait être "une ville prospère", au lieu d'une ville "poussiéreuse", qui plus est, proche des réserves de pétrole et de gaz du pays.
    Le sit-in qui avait duré plusieurs mois et bloqué la production de pétrole, avait pris fin par un accord, grâce à la médiation de l'UGTT qui avait abouti par un accord signé entre le gouvernement et les manifestants.
    Le rôle majeur de l'UGTT dans cet accord a beau avoir été salué, The Economistestime toutefois qu'il s'agit d'une mauvaise politique, car "la compagnie pétrolière de l’État a perdu de sa rentabilité. Au cours de la dernière décennie, sa production a chuté de 29%, même si sa main-d'œuvre a augmenté de 14%". Selon l'article, même si l'accord signé avait poussé le gouvernement à demander aux entreprises pétrolières et gazières privées d'embaucher environ 1500 personnes de la région, ces recrutements restent quand même inutiles puisque "ces compagnies n'ont pas vraiment besoin de travailleurs supplémentaires".
    "Même Nawara, un projet qui devrait augmenter la production annuelle de gaz de 25% à partir de l'année prochaine, ne nécessite pas plus de 200 employés à plein temps" estime The Economist.

    mardi 30 janvier 2018

    Qui sont ces tunisiennes à des postes clefs dans la galaxie Macron?

    Les Tunisiens de la galaxie Macron
    Quatre jeunes femmes d’origine tunisienne font partie, à des postes clefs, de la galaxie du président Emmanuel Macron. Ahlem Gharbi est conseillère à l’Elysée, Sonia Krimi et Anissa Khedher, sont députées à l’Assemblée nationale et Neila Benzina est membre du bureau exécutif d’En Marche ! Portraits.

    Ahlem Gharbi

    Conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient, 
    Cellule diplomatique, Présidence de la République

    Diplomate de carrière, Ahlem Gharbi, Française d’origine tunisienne (sa famille est de Bizerte), aligne un brillant parcours au sein du Quai d’Orsay, marqué notamment par son affectation à l’ambassade de France au Caire, en 2009, où cinq ans durant elle observera de près la montée en puissance de la grogne populaire et la chute du régime de Hosni Moubarak, puis celui des islamistes conduits par Morsi. Elle ira ensuite, en 2013, à la mission de France auprès de l’ONU à New York où elle s’occupera des questions humanitaires.
    De retour à Paris en 2015, elle rejoindra le groupe Total, en qualité de directrice déléguée pour les affaires internationales, avant de rallier l’équipe Macron et suivre le président élu dès son accession à l’Elysée. DEA à Sciences-Po sous la direction de Gilles Kepel, après deux licences d’histoire à l’université Marc-Bloch (Strasbourg) et d’arabe à la Sorbonne, Ahlem Gharbi, parfaitement trilingue, incarne cette nouvelle génération qui accompagne le président Macron dans sa transformation de la France.

    Sonia Krimi

    Députée LREM, de la 4e circonscription de la Manche
    Native de Tunis, le 20 décembre 1982, elle est arrivée il y a juste 12 ans en France (2005) où son père est magasinier chez Peugeot. Studieuse, elle enchaîne les diplômes supérieurs, enseigne dans des universités, décroche des postes significatifs dans l’industrie nucléaire et obtient en 2005 la nationalité française. Sonia Krimi soutiendra avec brio, à Toulon en 2010, une thèse de doctorat en gestion intitulée: «Contribution à l’amélioration de l’apprentissage organisationnel dans les pôles de compétitivité. Le cas du Pôle Mer PACA.» Elle enseignera la stratégie d’entreprise et le management international puis rejoint l’industrie nucléaire, avant de se consacrer au conseil à des entreprises dans l’optimisation de leurs performances.
    Son implantation à Cherbourg et au Nord-Cotentin se fera aisément, tant elle est douée pour les contacts et toujours prête à rendre service. La première fois que Sonia Krimi votera, c’était le 6 mai dernier lors de l’élection présidentielle. Sa voix ira à Emmanuel Macron dont elle avait rejoint le comité de soutien local. Dans le même élan, ses camarades d’En Marche la proposeront comme candidate pour les législatives de juin 2017 et la soutiendront à rafler son siège.
    A l’Assemblée nationale, elle est membre de la commission des affaires étrangères et vice-présidente du groupe d’amitié France-Tunisie. Elle est également co-rapporteure de la Mission d’information sur le terrorisme : lutter contre le financement du terrorisme international et membre de la Délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes.

    Anissa Khedher

    Députée LREM de la 7e circonscription du Rhône
    Née le 1er avril 1980 à Vénissieux, elle est installée à Bron depuis 1992. Cadre de santé (infirmière à la base), elle sera affectée aux urgences psychiatriques du centre hospitalier Le Vinatier à Bron 1. Indépendante de tout parti, elle sera élue en 2008 conseillère municipale déléguée à la santé et au handicap à Bron. Ayant échoué à se faire réélire en 2014, elle poursuivra son engagement sur les questions sociales. L’approche transpartisane d’Emmanuel Macron la séduit et dès l’annonce de son intention de briguer l’Elysée, elle adhère en décembre 2016 à En Marche. Gérard Collomb soutiendra son investiture aux législatives de 2017.
    A l’Assemblée nationale, elle est membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées, ainsi que des groupes d’amitié Tunisie-France et France-Oman.

    Neila Ben Zina

    Membre du bureau exécutif d’En Marche!
    Novembre 2016, Neila Benzina rencontre pour la première fois Emmanuel Macron lors de sa visite à Tunis. Elle rejoindra rapidement son mouvement La République en Marche ! En décembre dernier, elle a été désignée parmi les dix personnalités issues de la société civile choisies pour compléter les vingt autres élus formant le bureau exécutif.
    Fondatrice d’une société d’analyse de données parmi les plus importantes de la zone Moyen-Orient et Afrique, Business Decision, Neila Benzina est très impliquée dans la société civile tunisienne. Nombre de magazines la classent parmi les femmes d’influence reconnues dans le développement économique et humain de la région. Récit de sa rencontre avec le président Macron.
    «D’emblée, j’ai été impressionnée par son projet, par sa vision et par sa détermination à créer une nouvelle dynamique pour la France (en intégrant des pays proches comme la Tunisie), dans une approche très pragmatique et concrète.
    Sur le sujet du numérique, qui m’est très cher, Emmanuel Macron a été à l’origine du lancement de l’initiative French Tech en France puis à l’international. Il nous avait en 2016 encouragés à nous organiser pour lancer la French Tech Hub Tunis. Ce projet est aujourd’hui en train de voir le jour et nous attendons une concrétisation par l’obtention du label grâce à la visite du Président. Le message clé de cette visite est, selon moi, que la Tunisie est de retour, «Tunisia is back » et la France peut accompagner et accélérer ce retour à travers plusieurs initiatives structurantes, notamment dans les domaines du numérique, de la formation/éducation, de la culture et de l’entrepreneuriat».

    jeudi 25 janvier 2018

    Exode massif des médecins tunisiens: Un décret français amplifie l'hémorragie !

    Exode massif des médecins tunisiens: Un décret français amplifie l'hémorragie !

    Même si le phénomène n'est pas nouveau, il faut reconnaître qu'il a pris ces derniers temps des proportions inquiétantes. Les médecins tunisiens, très choyés en Europe, particulièrement en France et en Allemagne, ne cessent malheureusement de prendre leurs cliques et leurs claques pour aller faire le bonheur d'autres patients. Cet exode massif, aux allures de véritable hémorragie, n'est pas près de s'arrêter. Bien au contraire !
    En témoignent les résultats publiés en décembre dernier du concours annuel d'équivalence autorisant les médecins étrangers à exercer dans l'Hexagone. Sur 450 postes ouverts, toutes spécialités confondues, un tiers environ des lauréats ont des noms à consonnance tunisienne.
    Alors que nos toubibs, (confrontés à un ras-le-bol et à un secteur de la santé au bord de l'asphyxie), se saignent aux quatre veines pour pouvoir exercer leur métier dans les règles de l'art, d'autres contrées assouplissent les conditions d'accueil aux hommes en blouse blanche. 
    Face à cette fuite des cerveaux, des médecins tunisiens, à l'instar de Moez Ben Salem (dermatologue installé à Tunis) ont pourtant tiré la sonnette d'alarme, mais la surdité associée à la cécité des autorités se font encore plus profondes chaque jour que Dieu fait. 
    Et la conséquence est évidente: de plus en plus de jeunes spécialistes, pourtant formés pendant des années aux frais du contribuable tunisien, préfèrent partir. Un véritable gâchis qui affecte à la fois, aussi bien le secteur de la santé publique que celui privé.
    Le plus inquiétant dans cette fuite de médecins, c'est que la France, confrontée elle-même à une pénurie de compétences médicales, a saisi l'occasion idoine pour encore "aspirer" davantage nos toubibs. Et de quelle manière !
    Le décret 2017-1601 du 22 novembre 2017 publié dans le JORF (n° 0274 du 24 novembre 2017) donne désormais aux étudiants étrangers en médecine, les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes spécialistes étrangers, l'autorisation temporaire d'exercice pour les médecins et les chirurgiens-dentistes spécialistes titulaires d'un diplôme permettant l'exercice de la spécialité dans leur pays d'origine.
    Le décret, entré en vigueur dès le lendemain de sa publication, précise les modalités d'autorisation temporaire d'exercice permettant à des étudiants en médecine étrangers ainsi qu'à des médecins, chirurgiens-dentistes et pharmaciens spécialistes étrangers de venir suivre une formation complémentaire en France. Mais détermine aussi la procédure de délivrance de l'autorisation qui associe notamment de manière étroite le conseil national de l'ordre compétent et le Centre national de gestion. 
    Cette autorisation temporaire de 2 ans, renouvelable, assouplit à n'en point douter les conditions d'exercice des médecins étrangers qui étaient, naguère, obligés de passer par le concours annuel d'équivalence.
    Pour de plus amples détails sur le décret:

    lundi 8 janvier 2018

    Maroc: une année record pour le tourisme



    Avec une progression de +10% des arrivées de touristes aux postes frontières à fin novembre 2017, l'activité touristique a maintenu la cadence de croissance soutenue entamée depuis le début de l'année, selon le ministère marocain du Tourisme, du Transport aérien, de l'Artisanat et de l'Economie sociale.
     
    Les principaux marchés émetteurs du royaume continuent d'afficher des progressions importantes, en particulier, l'Allemagne (+15%), les Pays-Bas (9%), l'Espagne (+8%) et l'Italie (+9%). Par ailleurs, les marchés touristiques émergents pour le Maroc maintiennent leur trend haussier : +173% pour la Chine, +39% pour le Japon, +28% pour la Corée du Sud, +30% pour les États-Unis et +57% pour le Brésil, a indiqué le ministère dans un communiqué sur les statistiques du tourisme marocain.
     
    Quant aux nuitées réalisées par les établissements d'hébergement touristique classés, elles ont connu une forte croissance de +15% par rapport à fin novembre 2017 (+18% pour les touristes non résidents et +8% pour les résidents).
     
    Cette hausse des nuitées a concerné toutes les destinations du royaume. Les recettes touristiques en devises ont atteint 6,89 milliards de dollars à fin novembre 2017, enregistrant ainsi une progression de+6,6% par rapport à la même période de l'année écoulée.